Manjakaray : Une station de traitement de matières fécales et de jacinthes d’eau



Jacaranda
Les vidangeurs chargés de récupérer les déjections dans les latrines.
Les vidangeurs chargés de récupérer les déjections dans les latrines.

La commune urbaine d’Antananarivo et ses partenaires ont inauguré hier le centre de traitement de boue de vidange à Manjakaray. Un projet de transformation des déchets et des matières fécales en source d’énergie.

Et si les jacinthes d’eau et les immondices dans les latrines des tananariviens pouvaient se transformer en énergie telle que le biogaz, pour servir la population, voire pour être revendues aux plus offrants ?! L’idée est loufoque mais finalement très réaliste. Et le projet de traitement et de transformation de boue de vidange de la Région Île de France en témoigne. Depuis six mois, celle-ci travaille dans la transformation des selles récupérées à travers cinq quartiers de la capitale, dont Amboditsiry, Anjanahary IIS, Manjakaray IIB et IID ainsi qu’Ambatomainty, avec les jacinthes d’eau qui fleurissent aisément partout, pour en faire du biogaz et du compost. Ce projet de station de traitement de boue de vidange est en marche, et a déjà produit du biogaz. Mais le problème de conservation ne permet pas à celui-ci de tenir la route. Si bien que seuls 20 % de la production est utilisée. Et l’engrais n’a pas encore été utilisé non plus. Malgré tout, le gardien du centre, qui se trouve à Manjakaray IIC, jouit déjà de cette technologie qui lui permet d’utiliser du biogaz pour cuisiner. En outre, les porteurs de projet estiment que cette source d’énergie pourrait être utilisée pour en faire des sources d’éclairage.

Commercialisation. Le projet en est encore à ses prémices et la Région Île de France travaille de concert avec la commune urbaine d’Antananarivo et la Samva, ainsi qu’avec le projet RF2 et l’ONG EAST (Eau Agriculture et Santé en milieu Tropical), pour que ce soit un projet lucratif et viable à long terme. Car en 6 mois, 500 kg de compost et d’engrais ont pu être transformés. En outre, ces 6 mois ont permis de récupérer les déchets dans les quartiers, mais la mise en bouteille pour la commercialisation est une étape qui n’a pas encore été dépassée. C’est à ce titre que la CUA soutient le projet, en aidant à    trouver des débouchés pour la commercialisation de ces produits. En outre, le coût de la vidange des latrines est assez élevé pour les populations de ces quartiers qui utilisent ce genre de WC. A raison de 80 000 Ar le mètre cube, cela revient plutôt cher.

Le projet de station de traitement de boue de vidange est encore à la phase expérimentale, mais en un mois, les porteurs de projet présument que celui-ci pourrait tourner normalement. Mais puisque rien ne se crée, rien ne se perd et que tout se transforme, ce projet mérite une ovation, car il pourrait faire des ordures ici et là des sources de revenus et une alternative intéressante au problème d’énergie.

Anjara Rasoanaivo

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