Lutte contre les pires formes du travail des enfants : Promouvoir la combinaison des interventions, selon l’UNICEF



Jacaranda
La pauvreté est telle à Madagascar que les enfants deviennent les premières victimes.
La pauvreté est telle à Madagascar que les enfants deviennent les premières victimes.

Il faut étudier tous les aspects d’un problème afin d’y trouver les solutions durables pour que les enfants ne soient plus victimes de toutes les formes de maltraitance, d’après Anita Bakuramutsa Ingabire, Chef du Programme Gouvernance pour la Protection de l’Enfant (PGPE), au sein de cet organisme onusien.   

L’UNICEF a depuis toujours, mené une lutte sans merci contre les Pires Formes du Travail des Enfants (PFTE), dans tous les pays du monde, surtout dans les pays en voie de développement. Madagascar n’est pas en reste. Ce, même pendant la longue crise. Ainsi, pour cet organisme des Nations-Unies, par le biais d’Anita Bakuramutsa Ingabire, intervenir devrait être toujours la meilleure chose à faire pour sortir la population de la pauvreté, ainsi de pouvoir veiller à ce que les enfants ne subissent plus les PFTE. « Mais pour cela, il ne faut pas seulement penser à intervenir sur un angle isolé, mais de combiner les actions dans ces interventions afin qu’elles deviennent aussi efficaces que durables», affirme cette responsable du PGPE. Explicitement, l’UNICEF veut s’assurer que lors des interventions, tous les détails du problème empêchant le développement d’une population devraient être étudiés et analysés afin d’en adapter les réponses en conséquence. «Je pense qu’avec toutes les discussions établies avec les parents, les enfants eux mêmes et les acteurs des RPE, il faut une combinaison des interventions. Il est vrai que le retrait immédiat des enfants dans les PFTE est la chose à faire, et leur réinsertion au niveau scolaire, mais leurs parents ont également besoin d’avoir des activités génératrices de revenus, surtout pour les mères. Veiller à leur vie de famille. C’est seulement dans ce cas que l’on pourrait éviter que ces enfants ne soient plus victimes de maltraitance ou de négligence», poursuit Anita Bakuramutsa Ingabire.

Descente sur terrain. En effet, il est vrai que beaucoup d’organismes, nationaux ou internationaux, ont toujours soutenu les populations défavorisées. Mais cela ne suffit guère à arranger la situation, il faut qu’une étude complète sur la situation de ces dernières soit entreprise, en priorisant le volet économique. Et l’Etat, surtout avec le retour à l’ordre constitutionnel, devrait désormais être plus impliqué que jamais. Pour l’UNICEF, une délégation composée de nombreux journalistes venant de plusieurs médias de Tana, menée par la Chef du PGPE a été envoyée à Boeny, pour y faire une sorte d’enquête, la semaine dernière. C’était également une sorte de suivi et évaluation des actions effectuées sur la mise en place des RPE dans cette région, il y a quelques années. Ce qui a donné l’occasion à des rencontres, des échanges d’idées et des conférences débats avec les autorités locales et les enfants victimes eux-mêmes, dont le seul but était de rechercher des solutions durables afin d’éradiquer les PFTE à Boeny, étant une des zones à risque quant à la maltraitance des enfants. Etaient donc présentes, les équipes de la Direction Régionale de la Population et des Activités Sociales (DRPAS) de Boeny, la Brigade de la Protection des Mœurs et de la Protection des Mineurs à Mahajanga (BPMPM), les membres des différents RPE locaux, en particulier le Collectif des Droits de l’Enfant et de la Famille (CDEF), et les communautés locales.  A noter qu’en 2013, plus de 5 000 enfants ont bénéficié des prises en charge de l’UNICEF, sur le plan éducatif, médical, psychosocial, judiciaire, après les avoir identifié. Et cela va continuer cette année.

Arnaud R.

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