Prostitution des mineurs : Les passages de 2 000 Ar à Mahajanga



Jacaranda

« La prostitution des mineurs commence à être grave dans certaines parties de la région de Boeny », affirment quelques sources locales. D’après les informations recueillies, les filles mineures qui s’y lancent et qui en font leur métier sont actuellement devenues de plus en plus nombreuses. «La plupart d’entre elles acceptent même d’avoir des relations sexuelles une fois qu’on leur donne 2 000 Ar», a-t-on confié. Une situation très désolante. Il y en a qui ont commencé très tôt, à partir de 13 ans, comme le cas de Natacha, actuellement 16 ans. « Cela fait maintenant trois ans que je l’ai fait. Ce, parce que j’ai constaté la souffrance de mes parents, vu qu’ils sont très pauvres. Et puisque nous sommes très nombreux à la maison (7 personnes y compris papa et maman), j’ai du abandonner l’école en classe de 5e pour chercher du travail. Et comme j’ai constaté que ce que font mes amies leur fait gagner assez d’argent, moi aussi, je m’y suis mise sans hésiter», raconte-t-elle.

« Mandehandeha ». Pour certains cas, leurs parents ne prennent plus de mesures pour les empêcher de se prostituer, car le fait est qu’elles (les filles en général) apportent leur contribution pour subvenir aux besoins de la famille. Par contre, d’autres jeunes filles se livrent à la prostitution par désir ou pour un caprice personnel à réaliser, certainement à cause des mauvaises fréquentations et l’ignorance. Ainsi, généralement issues de quelques quartiers chauds de Mahanjanga, d’après les sources, notamment d’Aranta, d’Ambalamanga, d’Ambalavolo, et de Tsararano, ces mineures ne restent pas dans un seul endroit mais se promènent un peu partout dans la ville pour se faire remarquer, et ainsi, acheter. D’ailleurs, elles qualifient de «mandehandeha», qui signifie « se promener », le fait de se prostituer. La plus grande remarque à faire est que toutes ces filles encore très jeunes mais déjà des prostituées, dans certaines parties de la ville de Mahajanga, sont issues des familles nombreuses et en même temps, pauvres. Mais la pauvreté est-elle vraiment la seule cause? Faut-il aussi avouer que ce n’est pas seulement à Mahajanga qu’on peut trouver une telle situation ? Encore heureux qu’il y existe actuellement une forte prise en charge des enfants vulnérables grâce à l’existence des réseaux de protection de l’enfant (RPE), mis en place et soutenus par l’UNICEF, et aussi, grâce aux efforts titanesques de la police des mœurs locale.

Arnaud R.

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