Vols de porcs par empoisonnement : Les consommateurs inquiets, les bouchers craignent un risque pour la filière



Jacaranda
La traçabilité de la viande est encore difficile à établir à Madagascar. (Photo d’archives)
La traçabilité de la viande est encore difficile à établir à Madagascar. (Photo d’archives)

Les cas de vols de porcs à Arivonimamo, dénoncés par un élu dans cette localité, ont éveillé la vigilance des consommateurs. Les bouchers, pour leur part, craignent que ces nouvelles pratiques des voleurs risquent de nuire à toute la filière.

Des éleveurs de porcs dans la localité d’Arivonimamo se plaignent des vols répétés dans leurs exploitations : les bêtes sont empoisonnées, puis vidées de leurs organes internes. Les viandes sont, par la suite, transportées incognito vers la capitale pour y être vendues. Des pratiques qui invitent à l’extrême vigilance des consommateurs. Face à ces nouvelles pratiques des voleurs de porcs, les bouchers sont doublement inquiets : ils sont exposés aux risques de se voir livrer des viandes douteuses et risquent, par ailleurs, de voir leurs recettes diminuer car les consommateurs pourraient s’abstenir de consommer de la viande de porc en apprenant la nouvelle. « C’est certain, les consommateurs seront désormais vigilants face à ces cas de porcs empoisonnés. Ils risquent tout simplement de cesser d’acheter de la viande de porc pour éliminer tout risque de consommation de viande contaminée. Ce qui aura inévitablement pour effet de nuire à la filière car actuellement, celle-ci n’est déjà pas au mieux de sa forme et ce, depuis quelques années. Il faut que ces vols par empoisonnement soient éradiqués très rapidement car les dégâts risquent d’être plus importants qu’il n’y paraît », confie un boucher de quartier à Analamahitsy.

Réglementation. Les grossistes en viande de porc ont déjà essayé d’anticiper cette situation de perte de confiance des consommateurs en exigeant de leurs fournisseurs une livraison de bêtes  vivantes. Ils refusent ainsi d’acheter de la viande déjà prédécoupée. Cette exigence donne à leurs clients bouchers l’assurance d’acheter de la viande non contaminée, car les porcs qui leur parviennent vivants n’ont pu avoir ingéré du poison. Les bouchers sont alors incités à n’acheter leur viande qu’auprès des grossistes qui adoptent cette pratique dans l’achat de leurs produits. Car force est de constater que les bouchers sont nombreux à s’approvisionner auprès de fournisseurs douteux sans passer par les services de contrôle vétérinaire.

Les consommateurs, quant à eux, gagneraient à ne pas acheter de la viande de porc dans la rue, dans un circuit informel ou auprès de bouchers douteux. Cette situation est peut-être une occasion pour les autorités de mieux réglementer la filière ou de mieux appliquer les réglementations déjà existantes.

Hanitra R.

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