Syndicat Autonome des Inspecteurs du Travail : Pour la signature d’un « pacte de responsabilité » et la relance du dialogue social

Narindra Rakotonirina, secrétaire général du SAIT.
Narindra Rakotonirina, secrétaire général du SAIT.

Le Syndicat Autonome des Inspecteurs du Travail ne lâche pas l’affaire. Il persiste dans ses démarches visant à faire reconnaître l’utilité et l’urgence d’une meilleure considération de l’administration du travail et surtout, de la relance du dialogue social auquel participent les travailleurs, les employeurs et l’Etat. Narindra Rakotonirina, secrétaire général du syndicat explique le point de vue de l’ensemble de l’administration du travail.

Midi Madagasikara : Le SAIT a déjà manifesté son souhait de voit créer un ministère à part en charge du Travail pour mieux permettre à l’administration du travail de mieux remplir son rôle et de mieux accomplir ses missions. Aujourd’hui, le syndicat met en avant la nécessité d’élaborer et de signer un « pacte de responsabilité ». De quoi s’agit-il exactement ?

Narindra Rakotonirina : Il s’agit d’un projet qui  nous tient à cœur car il permettra à l’administration du travail de s’acheminer vers la concrétisation de ses aspirations, non seulement en termes de promotion de l’emploi et du travail, mais également concernant la relance du développement économique du pays. Il s’agit d’un projet d’accord entre le ministère chargé du Travail, notamment le SAIT et les partenaires sociaux, c’est-à-dire les représentants des travailleurs et des employeurs. En d’autres termes, le syndicat envisage de faire signer une sorte de « pacte de responsabilité » entre l’Etat et les partenaires sociaux, en vue de relancer le dialogue social, rompu depuis 2009, début de la crise. Ce pacte de responsabilité est un moyen de retrouver la confiance des investisseurs et permettra de renouer le partenariat entre le secteur public et le secteur privé.

M.M. : Quels sont alors, selon vous, les enjeux actuels en tenant compte de la dégradation de l’environnement du travail à Madagascar ?

N.R. : Le dialogue social est un espace de participation des travailleurs, des employeurs et du gouvernement aux décisions relatives à l’emploi et à toute question afférente au travail. C’est un instrument important dans la réalisation du programme de développement économique et social du pays. C’est à ce titre que le pacte de responsabilité s’avère essentiel. Il renfermera certainement des mesures de simplification des normes et procédures sur l’investissement et forcément un allègement des charges sociales des entreprises. L’objectif étant de réduire les contraintes des entreprises sur leurs activités, et en contrepartie, de permettre plus d’embauches et davantage de dialogue social. D’où la perspective à long terme d’une mesure incitative à la création d’emplois. Ainsi, ce pacte de responsabilité aura pour impact de faciliter la création des entreprises par les investisseurs nationaux. Notre démarche de le mettre en place est, d’ailleurs soutenue par divers partenaires sociaux dans différentes régions, mais également par le Syndicat des bureaux de placement professionnels de Madagascar. 

M.M. : Et concernant les travailleurs qui migrent à l’étranger et qui se retrouvent confrontés à un certain nombre de problèmes, parfois à l’issue tragique, qu’y a-t-il à dire sur cette situation ?

N.R. : Nous tenons à souligner que les causes de ces migrations à outrance sont, entre autres, l’état du marché de l’emploi, l’environnement politique et social et l’état de l’économie. Nous sommes actuellement en train de mettre en œuvre une convention de partenariat avec l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) par lequel nous pensons agir sur la maîtrise de la migration. Cet accord tend vers l’amélioration du secteur du Travail et des travailleurs migrants, après leur retour de l’étranger. Parmi les mesures envisageables figurent la création d’une sorte de structure bancaire permettant aux travailleurs migrants de verser leurs gains et de leur permettre de retomber sur leurs pieds, une fois rentrés au pays. Ce, afin d’éviter qu’ils ne se retrouvent sans rien, comme c’est malheureusement le cas pour de nombreux travailleuses rentrées au bercail.  

M.M. : Le syndicat s’est dit prêt à soumettre une proposition au prochain ministre, concernant l’amélioration de ce département chargé du Travail. Où en êtes-vous réellement sur cette proposition ?

N.R. : Un comité de rédaction est déjà à pied d’œuvre depuis un certain moment, pour l’élaboration d’un document cadre qui reflète un programme pour soutenir la politique nationale de l’emploi déjà existante. Notre objectif est de le soumettre au prochain ministre, et pourquoi pas, d’ores et déjà, le proposer au président de la République en attendant la formation de l’équipe gouvernementale ? Car voyez-vous, le grand problème dans le secteur du travail est que personne ne s’est soucié, depuis la crise, d’une grande quantité de ressources humaines, lesquelles se chiffrent par millions. La relance économique ne pourrait se faire sans les prendre en compte et administrer le secteur du travail et de l’emploi d’une manière adaptée aux réalités et aux besoins.

Propos recueillis par Hanitra R.

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