Travailleurs malgaches en Arabie Saoudite : La dépouille mortelle de Solange Toraka Razafindrasoa, rapatriée

Jacaranda
Après la morgue, le corps de Solange va être tout de suite être inhumé, à Toamasina, ce jour.
Après la morgue, le corps de Solange va être tout de suite être inhumé, à Toamasina, ce jour.

Vidée de ses organes, l’état de la dépouille mortelle aurait donné l’impression à tous les membres de sa famille que Solange a dû beaucoup souffrir avant de mourir.  

La dépouille mortelle de Solange Toraka Razafindrasoa, la femme malgache déclarée morte en Arabie Saoudite le 26 janvier dernier, a été récupérée par sa famille, samedi soir, aux alentours de minuit, à l’aéroport international d’Ivato, en provenance de ce pays. La dépouille mortelle a été placée dans un cercueil, et recouverte d’un drap blanc. Solange faisait partie des nombreuses femmes malgaches parties à l’étranger (surtout en Arabie Saoudite, au Liban, en Koweït…) pour un emploi de domestique, motivée par « un bon salaire ». C’est donc la 34e Malgache décédée dans ces pays du Golf Persique, depuis la première fois où Madagascar a permis l’envoi des travailleurs Malgaches dans ces pays. A son arrivée, le corps sans vie n’a pas été accompagné des reliquats de ses salaires impayés, mais seulement d’un rapport du médecin légiste du pays d’accueil. Et celui-ci aurait montré que Solange a succombé d’une mort naturelle, à cause d’« un arrêt cardiaque ». Et lui d’indiquer: «Pour la conservation du corps, tous les organes ont été retirés et sont remplacés par du coton». De leurs côtés, les éléments de  police économique et de la brigade criminelle ont aussi examiné le corps de la défunte, à l’aéroport. Ainsi, ils auraient affirmé que les organes en question ont été retirés par voie vaginale. A la demande de la famille, le corps sans vie de Solange a été envoyé à la morgue de l’HJRA Ampefiloha pour être autopsié, avant d’être inhumé dans sa terre ancestrale, à Toamasina, ce jour. En fait, quelques-unes des amies Malgaches de la défunte en Arabie Saoudite auraient affirmé, à son mari (par téléphone), que Solange aurait été victime d’un accident, sans avoir précisé de quel type d’accident s’agissait-il exactement. « Accident » ou « arrêt du cœur » ? de causes différentes. C’est pourquoi, selon les explications, les membres de la famille l’ont fait autopsier.

Plainte. Face à l’existence de cette non-similarité des deux versions sur la cause du décès, Maurice Pierre Heriniaina, le mari de Solange, entend déposer une plainte contre les responsables hiérarchiques s’il venait à être confirmé par l’autopsie que sa femme n’a pas été victime d’un arrêt cardiaque. Certains de ses proches soupçonnent même que la défunte aurait été victime d’un trafic d’organes. Malgré tout, il faudrait attendre plusieurs jours, voire quelques semaines, avant que les résultats ne soient délivrés. Rappel des faits : Solange a quitté Madagascar le 17 mars 2013. Après son arrivée à destination, elle n’a pu envoyer que deux mois de salaire. Son calvaire aurait commencé quelques mois après, selon les témoignages. Et c’était le 27 décembre 2013 qu’elle avait pu donner de ses nouvelles pour la dernière fois (par téléphone), en disant: « Je ne sais même plus à quelle adresse je me trouve actuellement. Pourtant je suis très malade. Prenez bien soin de mes enfants car je ne pourrais plus être parmi vous». Pendant tout ce temps, à Madagascar, son époux a remué ciel pour pouvoir la faire rapatrier vivante, malgré son état de santé qui n’aurait cessé de se dégénérer. Mais en vain. La seule issue qui lui restait était de consulter le SPDTS, dirigé par Norotiana Jeanoda, pour les conseils divers et l’interpellation des autorités compétentes. C’était peine perdue car Solange a quand même été déclarée officiellement morte le 26 janvier 2014.

Arnaud R.

Blueline Air Fiber

Share This Post