Prévoyance sociale : Grogne dans les rangs des établissements scolaires privés

Célin Rakotomalala, Président National des Ecoles Privées et non moins le Président de AILE dans tout le pays, semble être déterminé à défendre les causes de ses confrères.
Célin Rakotomalala, Président National des Ecoles Privées et non moins le Président de AILE dans tout le pays, semble être déterminé à défendre les causes de ses confrères.

«Vaky bantsilana », tel a été le thème choisi par les propriétaires et dirigeants des écoles privées de tout le pays pour affirmer leur décision de sortir enfin du silence.  

Après la fin de la Transition, et depuis l’installation de la IVe République, nombreuses ont été les décisions prises dans le pays, effectivement pour le retour à l’Etat de droit, comme l’affirment d’ailleurs la plupart des décideurs dans le régime actuel. Mais vu l’évolution de la situation, il se trouve que nombreux sont également ceux qui ne sont pas du tout contents de la façon dont celles-ci ont été prises, ou plus précisément, par le seul fait que l’on les a prises. Et les propriétaires ainsi que les dirigeants des écoles privées dans tout le pays, eux aussi, n’ont fait que le prouver, en se réunissant hier à l’Astoria Antanimena, suite aux décisions qui viendraient d’en haut, pour les obliger de payer les taxes et impôts divers y afférents, mais surtout, pour les contraindre de s’affilier à la CNaPS, depuis quelque temps. En effet, ces derniers refusent catégoriquement de s’y soumettre, et revendiquent en revanche la liberté de choisir s’ils veulent ou non de s’y affilier, ou aussi de payer ces impôts. «Que ce soit clair, ce sont nos employés eux-mêmes qui ne veulent pas y contribuer pour la simple raison qu’il ne constatent presque jamais de feed-back. Alors, pourquoi sommes nous obligés de nous affilier à la CNaPS si l’initiative ne vient pas de nos employés? Nous ne sommes quand-même pas des usines ou des entreprises, mais des simples écoles. Je connais même une enseignante actuellement en état de grossesse. Elle en est déjà à son 7e enfant. Mais jusqu’à aujourd’hui, elle n’a jamais eu aucune prestation familiale», souligne Célin Rakotomalala, Directeur National des Ecoles Privées. Ainsi, ces dirigeants et propriétaires des établissements privés dans tout Madagascar dénoncent l’existence d’une corruption de haut niveau, d’un abus de pouvoir, et d’un terrorisme intellectuel qui les obligeraient sans arrêt à se plier à toutes les formes de pression. «Nous ne détestons personne, mais revendiquons en revanche des manières de faire de l’Etat un peu plus adéquates », poursuit Célin Rakotomalala.

Mesure d’apaisement. A part ceux des écoles catholiques, tous les dirigeants et propriétaires des établissements scolaires privés malgaches ont marqué leur présence à l’assemblée générale d’hier. Et selon les explications, ces derniers auraient invité le Directeur Général de la CNaPS pour tirer au clair la situation. Mais ce dernier aurait préféré envoyer à sa place le Président du Conseil d’Administration de son entité, en la personne de Odon Marie Georges Raveloson. Parmi les revendications, l’association des écoles privées insiste surtout sur la mise en place d’une mesure d’apaisement, en faisant surtout élire à Tsimbazaza les propositions de Loi n° 03, 04, 07/2012 déjà débattues au niveau des CST, lors de la Transition. En fait, celles-ci consisteraient effectivement à laisser la voie libre aux établissements scolaires privés de choisir la façon dont ils gèrent leur prévoyance sociale. Un avis qu’ils ne partagent pas avec le PCA de la CNaPS, qui affirme : « L’on n’est plus maintenant dans un régime de Transition qui a permis l’existence de nombreuses irrégularités, mais dans la IVe République. Donc, il faut enfin appliquer ce qu’on appelle un Etat de droit. D’ailleurs, nos critères de prévoyance sociale ont été toujours basés sur la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme que Madagascar a ratifié. Et les lois qui régissent la CNaPS n’ont pas été changées depuis 1986. S’il y a lieu de les changer, il appartiendra au nouveau régime de le faire ». Décidément, les changements semblent être difficiles à appliquer.

Arnaud R.

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