Traite des êtres humains : « Toutes les formes d’esclavage moderne sont présentes à Madagascar »



Jacaranda
Les jeunes devront participer à la lutte contre la traite de personnes.
Les jeunes devront participer à la lutte contre la traite de personnes.

La traite des individus risque de devenir une normalité à Madagascar.

« Madagascar fait encore partie des Etats qui font la traite des être humains sous toutes ses formes, dont la traite par le travail, la traite sexuelle, la traite en domesticité, la traite de mendicité, la traite de mariage forcée ou arrangée… Or, ce sont malheureusement des formes d’esclavage moderne, et existent toutes dans le pays. Mais celle qui gagne toujours le plus de terrain chez nous, c’est la traite des domestiques, étant donné que c’est devenu une normalité chez nous d’employer des enfants de moins de 18 ans, malgré le fait que la loi l’interdise », explique Jeannoda Norotiana, présidente du SPDTS, et non moins une militante pour la promotion des droits de l’homme. Selon elle, cette situation est même devenue un fléau social dans le pays. En effet, c’est la vulnérabilité des malgaches qui faciliterait la persistance de ce phénomène. « En effet, la traite de personne ou l’esclavage consiste à exploiter un individu pour en tirer profits. Ainsi, vu que la plupart des malgaches vivent encore dans la pauvreté, certaines personnes malintentionnées en profitent », poursuit-elle. En outre, les causes peuvent être également la vulnérabilité du système judiciaire malgache, l’inexistence d’une protection sociale efficace qui devait être instaurée par l’Etat, et l’impunité de certains auteurs. Et peuvent être des auteurs : l’individu qui subit la traite elle-même après qu’il ait été victime, les intermédiaires, les incitateurs, et les employeurs. Ainsi, selon Jeannoda Norotiana, c’est l’Etat qui devrait s’engager en premier pour que ces traites de personne à Madagascar soient abolies. Dans ce sens, Madagascar a pris part à la commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves, par le biais de l’organisation d’une rencontre entre défenseurs des droits de l’homme et les représentants des organes des Nations Unies hier, au CEMDELAC Analakely.

Arnaud R.

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