Hausse du tarif des taxis-brousse d’Antsirabe à Pâques : Les voyageurs ne se font guère d’illusion



Jacaranda
La gare routière particulièrement fréquentée lors du week-end pascal.
La gare routière particulièrement fréquentée lors du week-end pascal.

C’est l’axe Tanà-Antsirabe qui traîne la mauvaise réputation depuis des décennies : à chaque week-end de Pâques, les tarifs des taxis-brousse s’envolent et les voyageurs, totalement impuissants.

Difficile de l’éviter, tous les ans à Pâques. Les voyageurs qui rejoignent Antsirabe pour le week-end pascal ou pour les vacances de Pâques sont quasiment toujours certains de devoir débourser plusieurs milliers d’ariary de plus pour une place dans le taxi-brousse. En effet, la hausse du tarif des taxis-brousse reliant Tanà à Antsirabe a toujours été une pratique courante durant le week-end de Pâques durant lequel, le flux de voyageurs est particulièrement important. L’an dernier, des voyageurs ont dû payer leur place à Ar 15 000 pour rejoindre Antsirabe, alors que le tarif était entre Ar 7 000 à Ar 8 000 en fonction des types de véhicule.

« Mpanera ». Dès le début des vacances scolaires, généralement une semaine précédant Pâques, le nombre de voyageurs commence à augmenter. Mais la grande ruée a lieu deux ou trois jours avant Pâques pour le trajet Tanà – Antsirabe, et le lundi de Pâques et le jour suivant pour le trajet du retour. Ainsi, dès jeudi avant Pâques, les affluences à la gare routière augmentent considérablement et le temps d’attente avant de se trouver à bord d’un véhicule, est de plus en plus long. Le moment choisi pour les « mpanera », ces rabatteurs qui se chargent d’attirer les voyageurs et de remplir les véhicules, pour faire discrètement comprendre aux voyageurs dans la file d’attente, que le « frais », pour désigner le prix d’une place à bord du taxi-brousse, allait forcément augmenter. Pourtant, ces mêmes rabatteurs se disputent les voyageurs au point de leur arracher les bagages des mains, lorsqu’il y a moins de monde, tout en leur proposant un rabais sur le tarif, lequel peut descendre jusqu’à Ar 6 000.

Justification. Les transporteurs justifient cette augmentation du tarif par le déséquilibre trop important entre le flux de voyageurs au départ de Tanà et celui au départ d’Antsirabe durant le week-end pascal. Avant Pâques, ceux venant d’Antananarivo sont en surnombre. Les véhicules, une fois arrivés à Antsirabe, peinent alors à trouver des voyageurs pour le retour tandis qu’à Tanà où les voyageurs affluent. « Pour éviter que les véhicules ne restent tous coincés à Antsirabe alors qu’à Tanà, les gens attendent, les taxis-brousse doivent rouler sans passagers ou au mieux, avec des places vides, pour le trajet du retour, et cela nous cause des surcoûts. Alors, nous augmentons le tarif pour combler le manque à gagner », expliquent les transporteurs. Force est, cependant, de constater que les places restent rarement inoccupées jusqu’à Tanà et les chauffeurs des taxis-brousse trouvent quand même, en cours de route, de quoi remplir leur véhicule. Certes, avec des recettes en baisse, mais pas de quoi justifier une hausse de plus de 20% du tarif pratiqué sur la ligne. Après les fêtes, la tendance est inversée : le grand flux a lieu à Antsirabe.

Cette année, les usagers appréhendent déjà une hausse prévisible du tarif. Quelques voix s’étaient exprimées pour essayer de remédier à ce problème, mais les voyageurs ne se font pas d’illusion. La pratique est tellement ancrée qu’un changement conséquent semble peu probable aux yeux des passagers. Ils seront fixés bien assez tôt. Les plus fortes affluences sont attendues dès demain jusqu’à samedi.

Hanitra R.

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