Milieu carcéral à Madagascar : La surpopulation des établissements pénitentiaires s’aggrave



Jacaranda

Les normes internationales relatives au nombre de détenus incarcérés dans les établissements pénitentiaires sont actuellement loin d’être respectées, pour diverses raisons.   

« Si la norme internationale prévoit un espace de 3,4m2 par détenu pour passer la nuit, pour nous à Madagascar, cet espace est devenu 0,5m2. Ce qui montre à quel point les établissements pénitentiaires malgaches sont surpeuplés », confie Ranaivo Andriamaroahina Tovonjanahary, Directeur Général de l’Administration pénitentiaire à Madagascar. Ainsi, l’on sait qu’il existe actuellement 21 000 détenus dans le pays alors que la norme internationale ne permet encore que la moitié de cet effectif. Selon les explications, les établissements dans lesquels la surpopulation est très grave, sont la maison centrale d’Antanimora avec 3 339 détenus si la capacité d’accueil en est de 850, après c’est la maison de force de Tsiafahy avec un surplus de 200 détenus. En effet, d’après toujours les explications, la principale cause de ces surnombres n’est autre que la lenteur des procédures judiciaires. « Plus de 50 % des détenus du pays n’ont toujours pas été jugés. Or, rien que la durée d’un seul procès pour une seule affaire peut prendre une demi-journée. En outre, s’ils tombent malades, il doit revenir à l’Etat de prendre en charge leur traitement, ce qui n’est pourtant pas le cas », poursuit le DG de l’Administration Pénitentiaire.

Camps pénal. « La meilleure solution pour résoudre  ce problème de surpopulation dans les milieux carcéraux est la redynamisation des camps pénaux, afin que la prise en charge de tous ces détenus ne devienne plus un lourd fardeau pour l’Etat », affirme  toujours Ranaivo Andriamaroahina Tovonjanahary.  En fait, malgré le fait que le budget de fonctionnement alloué à l’administration pénitentiaire soit très faible et qui plus est, celui-ci est extrait de celui du ministère de tutelle, celui-ci peut quand même peut atteindre des milliards. Devant ce fait, le Comité International de la Croix-Rouge (CICR), le personnel de l’administration pénitentiaire à Madagascar et le Ministère de la Justice ont effectué un atelier hier à l’ENMG Tsaralalana dont le but est de trouver ensemble des solutions pour lutter contre la surpopulation des établissements pénitentiaires malagasy.

Arnaud R.

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