VIH/sida : Moins de 3 % des PVVIH ayant besoin de traitement, y ont accès



Jacaranda
Michel Sidibé (au centre), estime que Madagascar ne devra pas dépendre indéfiniment des financements internationaux. Photo Yvon RAM.
Michel Sidibé (au centre), estime que Madagascar ne devra pas dépendre indéfiniment des financements internationaux. Photo Yvon RAM.

Le partenariat, en matière de lutte contre le VIH/sida, est en train d’être renoué avec les bailleurs de fonds, notamment l’ONUSIDA dont le directeur exécutif vient d’effectuer trois jours de visite officielle à Madagascar.

Sur les 42 370 personnes vivant avec le VIH (PVVIH) à Madagascar en 2012 et on estime à 56 800 le nombre de personnes estimées vivant avec le VIH en 2013. Environ  19 000 personnes, ont besoin du traitement antirétroviral ou ARV. Mais actuellement, seulement 600 PVVIH suivent un traitement adéquat à leur état de santé. C’est évaluer l’écart en matière d’accès au traitement à Madagascar. « Il n’est pas acceptable que moins de 3 % des personnes qui ont besoin de traitement, y ont effectivement accès », a déclaré Michel Sidibé, directeur exécutif de l’ONUSIDA, le programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida, également secrétaire général adjoint des Nations Unies. En visite officielle à Madagascar depuis mardi dernier jusqu’à hier, il a annoncé la reprise du partenariat entre l’ONUDISA et  la Grande île, après cinq années de crise profonde.

Progression. Madagascar a inscrit dans ses défis majeurs, et ce, depuis l’ère Ravalomanana, la lutte contre le VIH/sida et le maintien de la prévalence au VIH en dessous de 1 %. En 2007, elle était de 0,13 % et en 2012, 0,4 %. Au regard de la tendance actuelle, cependant, on assiste à une progression de l’épidémie. Celle-ci est de type concentrée avec des prévalences supérieures à 5 % dans certains groupes les plus exposés à l’infection, tels les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (14,7 %) et les consommateurs de drogues injectables (7,1 %). Plus de 90 % des nouvelles infections à Madagascar, concernent cette dernière catégorie de personnes. Mais au-delà du taux de prévalence, c’est à la tendance de l’épidémie que l’on devrait accorder davantage d’importance.

L’Afrique Australe, épicentre. Outre la progression locale de l’épidémie, des opportunités économiques que Madagascar se doit de saisir, représentent également quelques risques. Le pays pourrait s’acheminer vers une explosion de l’épidémie. Michel Sidibé a cité l’opportunité économique extraordinaire de l’ouverture de la Grande île vers l’Afrique Australe, épicentre de l’épidémie. Les stratégies de lutte devraient impérativement en tenir compte. Bref, autant de défis que Madagascar devra encore relever, car outre la faible capacité du système de santé relevée par l’ONUSIDA, la visibilité du VIH dans le pays demeure faible tandis que les stigmatisations et la discrimination restent présentes.

La visite du directeur exécutif de l’ONUSIDA à Madagascar en pleine ère de reconstruction, a été une occasion de renouer un partenariat rompu durant la crise. Faut-il rappeler qu’en matière de lutte contre le VIH/sida, Madagascar dépend des financements internationaux. En effet, les dépenses sur les soins et traitements sont assurés à 85,5 % par les partenaires internationaux. Désormais, avant d’obtenir des financements additionnels, Madagascar doit présenter un programme justifiant de réels gains pour la population.

Hanitra R.

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