Education : Les smartphones peuvent éduquer

Des enfants prêts à se familiariser avec cette nouvelle technologie. (Photo d’archives)
Des enfants prêts à se familiariser avec cette nouvelle technologie. (Photo d’archives)

Une étude étonnante a récemment prouvé que les nouvelles technologies pouvaient être un moyen performant pour la lutte contre l’analphabétisme dans les pays en développement. La baisse des coûts des téléphones mobiles et de l’accès à internet concurrencent la vente de livres

Le 23 avril dernier, lors de la journée mondiale du livre et du droit d’auteur, l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (Unesco), a rendu public un rapport surprenant intitulé « Lire à l’ère du mobile ». Mark West et Han Ei Chew, les deux auteurs de cette étude, ont voyagé et analysé les habitudes des habitants de sept pays : l’Ethiopie, le Ghana, l’Inde, le Nigéria, l’Ouganda, le Pakistan, le Zimbabwe. Après avoir interrogé plus de 4 000 personnes, pour eux, la situation est très claire : la technologie mobile facilite la lecture et l’alphabétisation dans les pays en développement. La technologie mobile remplace le bouquin, y compris les livres et surtout dans les zones les plus pauvres. Selon l’institut statistique de l’Unesco, il y aurait plus de 774 millions de personnes qui ne savent ni lire, ni écrire sur la planète. Ce chiffre serait en partie dû à une pénurie de livres : « Depuis des siècles, l’accès limité aux livres a été une barrière à l’alphabétisation. Pour pouvoir lire, il faut des livres. Sans eux, l’alphabétisation est hors de portée. Aujourd’hui, cependant, cet obstacle n’est plus infranchissable grâce à la diffusion de la technologie mobile bon marché. » Contrairement à ce que l’on pourrait penser, un livre coûte beaucoup plus cher qu’un accès à Internet sur un téléphone portable dans certains pays. L’étude de l’Unesco détaille : « Les frais de connectivité requis pour lire un livre en accès ouvert sur un téléphone portable peuvent se réduire à 2 ou 3 centimes, alors que le coût de son équivalent imprimé s’élève à 10 dollars. Les livres mobiles sont ainsi 300 à 500 fois moins chers que les versions imprimées. » Ainsi la demande de livre est réduite, le nombre d’impression limité, ils deviennent donc plus rare, et plus chers. Un phénomène fréquent dans les pays en développement, dont Madagascar fait partie. À l’inverse, selon l’Union Internationale des Télécommunications (ITU), plus de 90% de la population mondiale est couverte par un réseau mobile. L’accès à la lecture en ligne est donc simplifié et moins coûteux. On estime aujourd’hui que six milliards de personnes peuvent se doter d’un téléphone portable en état de marche sur la planète. Pour que cette étude puisse être mise en pratique à Madagascar il faudra pourtant attendre une couverture internet moins cher voir gratuite car le niveau de vie des personnes en ayant le plus besoin est pour le moment trop bas.

Joany Raoilison

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