Assainissement : Des opérations « pipi et kaka » à Anosibe !

Jacaranda
Les commerçants ont également leur part de responsabilité quant aux grandes insalubrités dans la capitale.
Les commerçants ont également leur part de responsabilité quant aux grandes insalubrités dans la capitale.

La CUA se mobilise pour lutter contre les défécations à l’air libre. Et des sanctions sont à prévoir.

Appliquer enfin le code d’hygiène, c’est ce que vient de décider la Commune Urbaine d’Antananarivo, à l’issue d’une conférence de presse hier. Les premières cibles sont effectivement les quartiers d’Anosibe et d’Anosizato. « Il est vraiment grand temps de nettoyer ces lieux, vu les immenses insalubrités qui s’y trouvent, surtout les tas de matières fécales laissées par les passants irresponsables. Donc, nous avons même nommé ces activités de nettoyage des opérations « pipi et kaka », confie Hantalalaina Rabeharisoa Rakotondravelo, Directrice des activités sociales et culturelles au niveau de la CUA. Autrement dit, un grand ménage va y avoir lieu, visant à nettoyer les rues, à curer les canaux d’évacuation d’eaux usées ou les dalles, à enlever toutes les traces de pisses et de matières fécales causées par les défécations à l’air libre faites par les Hommes ou même les animaux, comme les chiens errants, etc. Ceci dit, les campagnes d’élimination des chiens errants également vont y être menées. Pourtant, la vraie durée de ces opérations n’est pas encore déterminée, mais l’on a seulement rassuré qu’après Anosibe et Anosizato, d’autres endroits seront ciblés. En outre, à travers ces activités, une grande majorité des différents départements de la CUA seront mobilisés, et les habitants locaux vont également y apporter leur part de contribution et responsabilité, selon toujours les explications.

WC Publics. «Nous allons prendre des mesures à tous ceux qui s’acharnent à déféquer sur ces endroits, ou à ceux qui ont du mal à vivre dans la propreté, après les opérations», poursuit Hantalalaina Rabeharison R. Comme mesures, la CUA entend, entre autres, retenir pendant quelque temps dans les véhicules communaux, les auteurs des défécations à l’air libre ou des insalubrités, ou de les envoyer au Bureau municipal d’hygiène (BMH) pour des séances d’éducation ou de sensibilisation sur la citoyenneté, etc. « Et à la limite, ils devront payer des cautions, comme toujours», affirme-t-on. Cependant, il ne faut pas négliger le fait qu’une grande majorité des gens qui vivent dans ces quartiers sont des individus issus des familles défavorisées, qui n’ont même pas de latrines. Ainsi, outre les passants irresponsables, beaucoup sont quand même obligés de déféquer partout, faute de wc publics. Parfois même, certains de ces gens ne peuvent pas s’offrir le luxe de faire leurs besoins dans ces infrastructures publiques, faute de 50 ou de 100 Ar. Ainsi, les actions de la CUA ne devraient-elles plutôt être axées sur la vulgarisation de ces infrastructures afin qu’elles deviennent accessibles pour toutes les couches de la population? A ce sujet, les explications ont permis de savoir que la municipalité s’y penche justement.

Arnaud R.

Telma Fibre Vibe

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