Recrutements FRAM et DREN : « La transparence comme maître mot », déclare Todisoa Andriamampandry, DG de l’Education Fondamentale et de l’Alphabétisation

Jacaranda
Todisoa Andriamampandry, directeur général de l’Education Fondamentale et de l’Alphabétisation au sein du MEN.
Todisoa Andriamampandry, directeur général de l’Education Fondamentale et de l’Alphabétisation au sein du MEN.

Le recrutement des enseignants FRAM et des DREN, la réforme de l’éducation, la convention nationale de l’éducation, Todisoa Andriamampandry, directeur général de l’Education Fondamentale et de l’Alphabétisation au sein du ministère de l’Education Nationale (MEN), aborde ces questions à bâtons rompus. Cet enseignant-chercheur à l’Université d’Antananarivo, docteur en sociologie, titulaire d’un DESS en économie et non moins diplômé de l’ENAM en gestion publique, spécialiste en leadership et management, éclaire sur les actuels efforts déployés par le MEN et la vision de ce ministère pour les années futures.

Transparence. C’est le maître mot dans la procédure de recrutement des enseignants FRAM que le MEN est en train de mettre en œuvre actuellement. Ce volet du recrutement qui a longtemps été dénoncé par les maîtres-FRAM pour l’opacité qui l’entoure et la corruption qui l’entache, fait désormais l’objet d’un assainissement. « Il n’y aura plus de parachutage. Le ministère, au niveau central, ne se chargera plus de la sélection mais en posera, toutefois, les critères. Une commission sera mise en place dans les régions, regroupant les représentants des enseignants FRAM et des syndicats, du BIANCO ainsi que le chef de CISCO, le DREN, le chef ZAP. C’est cette commission qui procédera à la sélection et ses décisions seront contrôlées par une autre commission, au niveau central. L’objectif est avant tout d’assurer la transparence et d’éviter tout favoritisme et les faits de corruption », explique le directeur général de l’Education Fondamentale et de l’Alphabétisation, Todisoa Andriamampandry. Ainsi, pour les 10 000 postes budgétaires à pourvoir par an, une première, souligne-t-il, les critères de sélection tiennent compte en premier lieu de l’ancienneté, puis de la formation des enseignants FRAM. « Pour cette première vague de recrutement, les 10 000 postes seront octroyés équitablement dans les 114 CISCO. Soit environ 87 recrutés par CISCO et ce, en toute transparence », réitère le DGEFA. Un système de quota, donc, pour cette fois, mais les modalités de distribution des postes pourraient évoluer dans l’avenir.

DREN. Ce souci de transparence a justement conduit le MEN à procéder au recrutement de nouveaux directeurs régionaux de l’Education Nationale (DREN) pour que ces postes qui méritent d’être assainis, soient désormais occupés par des personnes compétentes et intègres. Pour pouvoir postuler, les candidats doivent avoir au moins un niveau bac+4 et justifier 8 années d’expérience dans l’administration et l’éducation. Ce recrutement, qui n’exclut pas la candidature des actuels DREN, se fera sur sélection de dossier suivi d’un entretien individuel. Les nouveaux DREN sont prévus de prendre leur fonction vers le mois de septembre, en vue de la prochaine rentrée scolaire, en octobre. Après le recrutement des DREN, suivra celui des chefs CISCO, qui sera conduit dans la même optique d’assainissement.

Convention nationale. La vision est alors de parvenir à assurer une éducation inclusive, gratuite et de qualité pour tous. Une vision qui exige la mise en œuvre d’une politique nationale de l’éducation. « L’éducation à Madagascar, tout le monde le constate, a besoin d’une profonde réforme, qu’il s’agisse du système éducatif et du programme scolaire, lequel devra être pragmatique et consensuel, que des approches à adopter. L’ensemble devra tenir compte des réalités locales, de la culture et des besoins à Madagascar. Mais une telle réforme ne saurait être appliquée sans avoir consulté auparavant l’ensemble de tous les acteurs concernés. C’est la raison pour laquelle le MEN prévoit de tenir prochainement une concertation nationale sur l’éducation », explique Todisoa Andriamampandry. Cette concertation nationale, prévue de se tenir vers la fin du mois de septembre, verra ainsi la participation de divers acteurs : enseignants, élèves, parents, paysans, leaders religieux, opérateurs économiques, divers experts ainsi que des représentants des universités, des autorités locales, des médias, et bien d’autres.

Guide d’orientation. Le programme et le calendrier scolaires seront bien entendu, au menu de cette rencontre nationale, entre autres volets. Point n’est besoin de souligner l’importance capitale que représentent ces éléments. « La cohérence des programmes scolaires, lesquels doivent avoir une suite logique d’un cycle à l’autre, est essentielle pour que les élèves ne s’égarent en chemin, car force est de constater que nombre d’élèves, depuis des décennies, arrivent au bac mais ne savent toujours pas dans quelle voie ils doivent se lancer et quel métier ils envisagent d’exercer plus tard », constate à ce sujet le DGEFA. Ainsi, un guide d’orientation, actuellement en cours d’élaboration, sera remis aux élèves dès le collège, à partir de l’année prochaine.

Pour relever tous ces défis, le MEN assure pouvoir compter sur l’appui des bailleurs de fonds tels l’UNICEF, la Banque mondiale, le PAM, l’UNESCO, l’AFD ou encore le programme d’appui aux secteurs sociaux de base ou PASSOBA. L’ultime objectif étant d’assurer l’accès à l’éducation – et une rétention scolaire – pour tous les enfants et les jeunes à Madagascar. Un droit que leur garantit la déclaration universelle des droits de l’homme, stipulant dans son article 26 que « Toute personne a droit à l’éducation »…

Hanitra R.

Telma Fibre Vibe

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