Remous à l’Université Mahajanga : Le début d’un nouveau bras de fer ?

Jacaranda
Rabesa Zafera Antoine, décrié par les uns, soutenu par les autres.
Rabesa Zafera Antoine, décrié par les uns, soutenu par les autres.

Les esprits seront-ils maintenant amenés à se calmer après le limogeage du président de l’université de Mahajanga ? Rien n’est pour le moins sûr dans la mesure où cette décision, prise en conseil des ministres, ne suffirait pas pour résoudre le problème dans l’université majungaise. Le conseil scientifique, de son côté, a aussitôt riposté. On s’achemine sérieusement vers une année blanche.

« Il a fallu qu’il y ait mort d’homme et des dégâts regrettables pour qu’on en arrive finalement à cela », commente-t-on du côté des étudiants. « Cela » renvoie au limogeage du président de l’université de Mahajanga, réclamé par les étudiants depuis le tout début des remous qui ont ébranlé cette université, il y a presque un an. Mais cette décision de limoger Rabesa Zafera Antoine, prise par les étudiants comme une bonne chose, n’est visiblement pas suffisante pour faire tout rentrer dans l’ordre, bien au contraire. En effet, les étudiants estiment encore valables leurs requêtes sur le report des examens. Maintenant, ils risquent de ne pas du tout pouvoir passer leurs examens. Car de son côté, le conseil scientifique qui a manifesté une contestation énergique face à la décision de limoger un président d’université élu par des membres de la communauté universitaire, prise en conseil des ministres, n’entend pas laisser passer ce qui est considéré comme une entorse grave aux principes régissant les instances universitaires.  Pour que le président de l’université puisse être démis de ses fonctions, il faut qu’il ait commis une faute grave, ce qui ne semble pas être le cas d’après le conseil scientifique.

Impossible à rattraper. La position de ce conseil scientifique est également soutenue par la conférence des présidents, réunissant les présidents des universités publiques. La « riposte » portant sur la suspension pour une durée indéterminée, de toutes les activités pédagogiques, risque de coûter aux étudiants leur année universitaire. En d’autres termes, on s’achemine sérieusement vers une année blanche, si la situation n’évolue pas. Après plusieurs mois de remous et d’affrontements (qui ont déjà coûté la vie à un étudiant, de dégradation d’infrastructures dans l’enceinte de l’Université de Mahajanga, sans parler des autres dégâts causés par les mouvements estudiantins, difficile de penser que le grand retard accusé cette année puisse être comblé et que les examens puissent se tenir convenablement. Alors, avec cette suspension des activités pédagogiques, il y a lieu de penser que l’année est quasiment… fichue ! Pour l’instant, aucune des deux parties, à savoir les étudiants d’un côté et le conseil scientifique de l’autre, qui commence à brandir ses armes, ne semble en avoir fini avec cet épisode complexe qu’est la situation à l’université de Mahajanga.

Hanitra R.

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