Réinsertion scolaire : BIT / Projet ASAMA, plus de 80% de réussite au CEPE


« L’association VOZAMA, une structure adaptée pour la réinsertion scolaire ». (Photo Anastase)
« L’association VOZAMA, une structure adaptée pour la réinsertion scolaire ». (Photo Anastase)

Passer avec brio les examens du CEPE au bout de seulement 5 mois d’études au lieu de 9 mois comme d’habitude, c’est possible. Une situation qui aura pour le moins, le mérite de stimuler les parents à envoyer leurs enfants à l’école.

Le CEPE en poche au bout de seulement 5 mois à l’école. C’est l’œuvre du projet ASAMA (Actions Scolaires d’Appui aux Malgaches Adolescents) avec l’appui du BIT (Bureau International du Travail) et mis en œuvre par l’association VOZAMA (Vonjeo ny Zaza Malagasy) dans la région d’Amoron’i Mania. Un projet pilote qui a fait ses preuves dans la mesure que, plus de 80% des élèves qui ont bénéficié de cet appui ont réussi leurs examens du CEPE tout dernièrement.

Plus d’un an. A titre de rappel, l’ASAMA est un projet pilote qui a été mis à l’essai spécifiquement dans la région d’Amoron’i Mania réputée pour être pourvoyeuse d’enfants domestiques, et qui en premier temps, a permis à 125 enfants qui ont déjà abandonné l’école, dont certains depuis plus d’un an, de bénéficier d’une formation ou éducation en vue de leur réinsertion en milieu scolaire. Ces 125 enfants ont été répartis dans 5 sites à travers 4 communes : Ambositra, Ivony, Andina et Ambohimahazo. Ces élèves au nombre de 25 par site, ont débuté les cours en février dernier. C’est-à-dire 4 mois après l’entrée scolaire. Ces élèves sont encadrés par des enseignants spécialisés qui ont adopté la méthode de pédagogie différentielle. Les élèves ont étudié pendant 7 heures par jour. Aussi, ces sites ont été dotés de cantine scolaire avec la contribution des parents.

Profil. A noter que le projet ASAMA a fait l’objet d’une grande étude des responsables concernés sur le profil d’enfants travailleurs dans l’Amoron’i Mania. Ce qui a incité le BIT à bien vouloir apporter sa contribution à dessein d’innover et de voir comment intégrer les enfants qui sont sortis du système scolaire à un niveau très bas, de manière à pouvoir les intégrer à travers une éducation ou formation Pour ce faire, le BIT a fixé son choix sur l’association VOZAMA qui dispose d’une structure appropriée pour réaliser et mettre en pratique ce projet ASAMA. Il y a eu bien évidemment une réelle appropriation de toutes les parties prenantes sous le leadership du chef de région d’Amoron’i Mania, Razafimaro Joseph qui a déclaré que «  les parents veulent bien envoyer leurs enfants à l’école, mais ils n’ont pas les moyens… »

Grande échelle. Avec les résultats enregistrés au CEPE, pour un premier essai concluant dans la capitalisation des acquis, bon nombre d’observateurs sont unanimes de faire développer le projet ASAMA à grande échelle avec la participation d’autres partenaires ou organismes du système des Nations unies pour booster le Programme Intérimaire d’Education (PIF). Cependant, ces observateurs de se préoccuper des changements qui sont en train de s’opérer au niveau des directions régionales de l’Education et des circonscriptions scolaires sur le respect du principe de l’alternance dans la continuité, pour que ces projets de réinsertion scolaire ne soient pas détournés à d’autres fins, comme ce fut le cas pour les véhicules 4×4 offerts par l’UNICEF qui ont fait… fausse route et qui ont valu un rappel à l’ordre.

CHAN-MOUIE Jean Anastase

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