Protection de la biodiversité : Les mantelles et les lémuriens, au cœur d’un programme spécifique d’Ambatovy

2-Un specimen de indri indri
Un specimen de indri indri

Minuscule, à peine 3 centimètres mais reconnaissable de loin par sa couleur vive, orange dorée. Il s’agit de la mantelle dorée, de son nom scientifique « Mantella aurantiaca », une grenouille endémique de Madagascar qui figure parmi ces petites merveilles de la nature que renferme la forêt humide de la partie centre-Est de la Grande Ile.

Localisée spécifiquement dans la région de Moramanga, la mantelle dorée (mantella aurantiaca), grenouille endémique de Madagascar, se trouve dans une zone où se trouve la mine de nickel exploitée par Ambatovy. La compagnie minière met en œuvre depuis des années, un programme spécifique de conservation de cette espèce rare, s’inscrivant dans le cadre de son programme de gestion de la biodiversité. La « Mantella aurantiaca » est classée en danger critique par l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) et avec la « mantella crocea », de couleur verdâtre avec des taches brunes sur les côtés, elle constitue les deux espèces concernées par le projet de conservation mis en œuvre par Ambatovy.

Relocalisation. Sur les 16 espèces de mantelles répertoriées à Madagascar, en effet, trois se trouvent à Ambatovy dont deux sont concernées par le programme de conservation. Celui-ci comprend des actions de mitigation et de surveillance, et assure la viabilité de la population des espèces. « Les individus de mantelles dorées sont transférés, avant le défrichement, dans une zone de conservation et des contrôles sont effectués deux fois par mois dans les zones de ponte. Par ailleurs, des individus transférés font l’objet d’un travail de reproduction dans un centre prévu à cet effet, pour être, par la suite réintroduits dans leur milieu naturel », explique Fiadanantsoa Ranjanaharisoa, herpétologue à Ambatovy. Et ce spécialiste des amphibiens et des reptiles de souligner que les mantelles transférées sont relocalisées dans des refuges situés dans des zones forestières de conservation, lesquelles comportent 20 marais de ponte sur les 32 recensés dans la zone. Lors des suivis, les herpétologues comptent jusqu’à 577 individus de mantella aurantiaca et jusqu’à 1118 individus de mantella crocea, par jour. Afin de préserver les espèces, le programme de conservation des mantelles d’Ambatovy veille à maintenir intacte la qualité des marais de ponte et préserve la quiétude de leur refuge : la forêt.

Babakoto. Les lémuriens ont également « leur » programme spécifique de conservation à Ambatovy, destiné à protéger les espèces dans la forêt entourant la mine. Des inventaires menés avant le défrichement de la forêt, ont permis de les identifier. Les indri indri communément appelés Babakoto et les Propithecus diadema ou « Sifaka » notamment, sont particulièrement protégés et suivis par radiotracking, un des outils les plus efficaces dans le domaine de la biologie de conservation. Grâce au radio-collier que porte l’animal et qui envoie des signaux captés par une antenne, la localisation et le suivi des individus sont facilités. Par ailleurs, le principe de la connectivité forestière qui consiste à relier les forêts entre elles, grâce à une sorte de ponts, permet non seulement de contrôler la dispersion et la migration des espèces, mais facilite également leurs mouvements et assure leur survie.

Hanitra R.

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