Violences à l’égard des femmes : Le silence, la première barrière à lever

Jacaranda

Œil au beurre noir, nez cassé, bras foulé, côtes cassées, ou moins visibles : insultes et mots humiliants, menaces, pressions psychologiques, privation de liberté et/ou d’argent, etc… Autant de formes de violences basées sur le genre, qui existent dans toutes les catégories sociales.

La majorité des femmes qui en sont victimes, n’osent pas dénoncer. Certaines d’entre elles pensent même en être responsables, ou croient que l’homme a le droit de violenter sa conjointe dans certains cas. Ce que confirme l’enquête démographique de santé (EDSM) pour 2008-2009, selon laquelle 32% des femmes malgaches le croient. Une étude datant de 2007 sur la violence conjugale à Antananarivo (ELVICA), parle de 43% des femmes en couple et âgées de 15 à 59 ans, ont été victimes de violences conjugales durant les 12 mois précédant l’enquête. Les plus jeunes et les moins instruites sont les plus touchées. Par ailleurs, 11% des cas de violences sont des violences sexuelles en lien avec le viol, la prostitution conjugale et le mariage précoce forcé.

Dénoncer. D’autres recherches se sont penchées sur la question et mises au jour le constat d’un risque pour une femme d’être battue par son conjoint, diminuant en fonction de son niveau élevé d’éducation de la femme mais ne dépassant, cependant pas celui du conjoint. La scolarisation de la femme pourrait ainsi ne pas constituer pour elle un bouclier suffisant contre les violences. En revanche, il apparaît que la femme qui dispose d’un revenu plus élevé que son conjoint se retrouve moins exposée aux violences, voire, plus protégée. Il s’agit donc là d’un rapport de forces basé sur l’aspect économique.

Dans d’autres cas, les violences sont subies en dehors du cadre familial. En effet, la violence est également observée dans le milieu professionnel et dans la communauté. En grande partie à caractère sexuel comme le harcèlement sexuel, les violences  l’égard des femmes au travail reposent également sur une base économique, la menace de licenciement étant très présente. Ici également, les victimes, en majorité, gardent le silence et n’évoquent pas leur situation en dehors de leurs familles ou amis proches. Les plaintes sont ainsi extrêmement rares. Or, le silence qui entoure les violences basées sur le genre tend à les renforcer. Il est alors présenté comme la première barrière à lever.

Des actions comme celles menées le réseau Tihava, et plusieurs autres associations commencent à changer la situation, en donnant aux femmes victimes de violences, la possibilité d’être écoutées et d’être prises en charge, tout en menant des actions au sein des communautés en matière de plaidoyers et sensibilisent les jeunes, filles et garçons afin de renforcer la prévention.

Ce jour est célébrée la journée mondiale de lutte contre la violence à l’égard des femmes.

Hanitra R.

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