Santé communautaire : Un système de santé encore dépendant des agents communautaires

Jacaranda
Les agents communautaires bénéficient d’une formation sanitaire discontinue d’une durée maximum de 2 ans. (photo: USAID/Mikolo)
Les agents communautaires bénéficient d’une formation sanitaire discontinue d’une durée maximum de 2 ans. (photo: USAID/Mikolo)

Bien qu’ils ne soient pas médecins, les agents communautaires jouent un rôle prépondérant dans le système de santé du pays.

Qui ne connaît pas la «pyramide sanitaire»? Ce sont les agents communautaires (AC) qui se trouvent à la base de cette pyramide du fait que c’est encore sur eux que repose le système de santé dans le pays. Mais également, c’est parce que ce sont eux qui sont les plus nombreux dans ce système. Ainsi, schématiquement, de la base vers le sommet, cette pyramide se présente comme suit: AC, les équipes des Centres de Santé de Base (CSB), celles des Centres Hospitaliers de District (CHD), et celles des Centres Hospitaliers Régionaux (CHR). En fait, à cause de l’insuffisance des agents de santé et des infrastructures sanitaires, l’Etat a opté depuis 2010 pour la mise en place et la mise en fonctionnement de ces AC, surtout dans les endroits lointains et/ou isolés. D’après les responsables du projet de santé communautaire USAID/Mikolo, l’on compte actuellement environ 45 000 AC dans tout le pays. Mais c’est encore très peu pour se mettre au service des plus de 22 millions de Malgaches.

Ni salaires ni indemnités. Qui sont-ils et quels sont leurs vrais rôles? Ils ne sont ni médecins ni infirmiers. Ce sont des individus (hommes ou femmes) ayant été choisis dans et par leur société (donc des semi-volontaires) suivant des critères de dynamisme et de bonne réputation, et qui prennent en charge les cas de maladies simples (diarrhée, paludisme, pneumonie …), la promotion de la santé et la prévention des maladies. Hors de leur capacité, ils sont tenus d’envoyer les patients dans les CSB environnants. Tout cela, grâce à une brève formation en santé communautaire dont ils ont préalablement bénéficié. Ils ne reçoivent ni salaires ni indemnités. Selon les explications, ils sont seulement motivés par l’appréciation de leur société, les connaissances acquises, et la sensation d’avoir sauvé des vies. L’OMS a même annoncé que d’ici 20 ans, la santé communautaire dans le pays reposera encore sur eux.

En effet, malgré l’existence de ces AC pour renforcer le système de santé à Madagascar, la santé communautaire est encore soumise à des problèmes aussi nombreux que difficiles. A titre d’exemples, l’on peut évoquer le manque d’infrastructures sanitaires, la persistance des guérisseurs traditionnels, mais également, les matrones. Du coup, les dernières données de l’OMS indiquent entre autres, que 8 femmes par jour meurent pendant l’accouchement, 1 enfant sur 6 n’atteint même pas un an, et 32% des Malgaches seulement utilisent les centres de santé publique.

25 millions USD. Et c’est justement pour remédier à tout cela que le projet de santé communautaire USAID/Mikolo a repris, depuis le mois de juillet dernier. C’est un projet de 5 ans, couvrant 9 régions, entre autres: Atsinanana, V7V, Amoron’i Mania, Haute Matsiatra, Atsimo Andrefana … Il est financé par l’USAID à hauteur de 25 millions USD, un financement de type contractuel. Il se fixe pour objectif de réduire la mortalité et la morbidité maternelle et infanto-juvénile, tout cela, pour un meilleur état de santé. A travers l’USAID/Mikolo central et ses centres régionaux, le projet travaille d’une part, avec les Directions Régionales de la Santé (DRS) pour en arriver aux AC, et de l’autre, renforce les ONG locales dans lesdites régions pour la pérennisation des acquis, toujours pour en arriver aux AC. Jusqu’ici, 4700 AC bénéficient des appuis du projet. Mais pour les années à venir, ce nombre grimpera jusqu’à 7893.

Arnaud R.

Telma Fibre Vibe

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