Bas quartiers : Problèmes dermatologiques à cause de la montée des eaux

Jacaranda
De telles scènes sont devenues presque banales dans les quartiers inondés.
De telles scènes sont devenues presque banales dans les quartiers inondés.

Leurs rues et ruelles étant inondées, des populations entières des bas quartiers pataugent dans une eau très sale, au risque de développer des irritations de la peau au niveau des jambes et des pieds.  

Invivable, mais inévitable. Un peu fatalistes, des habitants des quartiers d’Antananarivo, régulièrement inondés lorsque la pluie se fait plus abondante, qualifient ainsi leur situation. Ils se plaignent des désagréments subis à chaque fois que la pluie s’abat sur la ville. Les rues sont complètement sous l’eau, ainsi que les ruelles qui mènent vers leurs habitations. Une situation qui les contraignent à patauger dans les eaux pluviales qui, on l’imagine, très sales à en juger à sa couleur brunâtre et les détritus de tous genres et les excréments qui flottent à la surface de ces eaux. « Pour rentrer le soir, nous n’avons pas d’autres choix que de nous déchausser et de marcher dans cette eau sale. A force de le faire presque tous les jours, la peau commence à s’irriter, puis apparaissent des boutons et des démangeaisons », témoigne une habitante d’Anivorano. « 80% des gens ici sont au chômage et n’ont pas de quoi acheter des médicaments pour soigner ces irritations. Certains vont consulter au CSB (centre de santé de base), mais si certains médicaments ne sont pas disponibles sur place, ils doivent les acheter dans les pharmacies, or, ils n’ont pas d’argent pour cela ». Ces irritations sont localisées sur les membres inférieurs, notamment les jambes, les pieds et entre les orteils.

AGR ! Les inondations des rues sont une situation récurrente depuis des années dans certains quartiers comme Besarety. Ici, il est devenu quasiment banal de voir des hommes porter des femmes ou des enfants sur le dos pour traverser ces eaux pluviales. Aussi, des jeunes gens proposent-ils leurs services aux riverains à chaque période de pluie. Munis de charrettes à bras, ils font traverser des passants d’une « rive » à l’autre, afin de leur éviter la marche dans les eaux sales. La traversée coûte entre Ar 200 et Ar 300. La montée des eaux est donc devenue une authentique « activité génératrice de revenus » pour ces charretiers. « Si c’est à faire tous les soirs pour rentrer, cela pourrait revenir très cher puisqu’en une semaine, on paie l’équivalent de presque deux allers-retours en taxi-be. Mais on est obligé de le faire, autrement, on baigne dans cette eau pleine de microbes », se plaint-on à Besarety. La saison pluvieuse n’étant qu’à son début, ces populations des quartiers inondés risquent encore de vivre cette situation pendant au moins trois mois.

Hanitra R.

Telma Fibre Vibe

Share This Post