Tana : Aucune étude approfondie sur la qualité de l’air

La pollution de l’air ne fait malheureusement pas encore partie des principaux soucis des dirigeants.
La pollution de l’air ne fait malheureusement pas encore partie des principaux soucis des dirigeants.

C’est ce qu’affirme l’Office National de l’environnement (ONE). Par faute de moyens et de budget, il n’existerait pas d’étude approfondie sur la qualité de l’air et la pollution à Antananarivo. Néanmoins, quelques ébauches d’analyses existent mais aucune n’est inscrite dans un laps de temps important.

Pourtant, il est force de constater que l’air respiré chaque jour par les 1,6 million d’habitants est loin d’être de qualité. Pas besoin d’être expert, une simple inhalation  suffit. En se baladant en rue, on se rend aisément compte que l’air est plus que nauséabond voire toxique. Les fumées noires d’hydrocarbures qui sortent des pots d’échappements en sont la plus belle preuve. A l’intérieur des tunnels où l’air est quasi irrespirable, les murs noircis témoignent également de cette importante pollution. L’ONE affirme ne pas avoir d’études complètes sur la qualité de l’air de la « Ville des Mille » : « L’ONE n’est pas mandaté pour réaliser ce genre d’études. C’est au ministère de l’Environnement de le faire, mais par faute de moyens et de budget, il n’y a aucune étude en profondeur fiable », explique Andry Ravoninjatovo, Chef du PGES et Surveillance de la Pollution à l’ONE.

En 2012, l’ONU a sorti un rapport dressant le profil urbain d’Antananarivo, tout est passé au crible. Dans la partie environnementale, le bilan tiré n’est pas rose. La capitale malgache serait une des villes les plus polluées au monde : « Selon l’Institut national des sciences techniques et nucléaires, les particules contenues dans l’air, dépassent 0,50 μg/m3 pour le plomb et 0,07 mg/m3 pour les autres matières en suspension tels les gaz d’échappements des voitures et les poussières », peut-on lire dans le rapport. L’employé de l’ONE évoque aussi cette étude de l’Institut national des sciences techniques et nucléaires, qui selon lui n’a pas été suffisamment inscrite dans le temps. Elle serait donc que partiellement fiable.

Parc automobile vétuste. Sans parler des statiques et des chiffres concrets, il est difficile de savoir quelles sont les différentes causes de cette pollution. Toutefois, les nombreuses voitures circulant chaque jour sont loin d’être anodines, comme l’affirme Andry Ravoninjatovo. « La pollution vient principalement des gaz d’échappements. Les voitures sont trop vieilles. De plus l’entretien n’est pas toujours réalisé dans les normes. Il faudrait mettre des filtres ou contrôler les entretiens des voitures. » La tâche peut paraître aisée, mais il n’en est rien. On entre dans une espèce de cercle vicieux, car sans études fiables prouvant la source de cette pollution, le gouvernement ne peut pas prendre de décisions. Une autre cause évoquée par le spécialiste concerne les feux de brousse : « Tana est une cuvette. Lors des feux de brousse, toutes les fumées s’accumulent dans la capitale. » De nombreuses personnes et enfants souffrent de problèmes respiratoires, seraient-ils causés par cet air insalubre ? Même difficulté, sans études fiables, on ne peut tirer des conclusions hâtives. 

Stéphane Pierrard (Stagiaire)

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