Braconnage et trafic d’espèces sauvages : Une approche mondiale pour endiguer le phénomène

Jacaranda
La tortue, très convoitée par les trafiquants à Madagascar.
La tortue, très convoitée par les trafiquants à Madagascar.

L’ONU vient d’adopter une résolution renforçant la lutte contre les commerces illégaux et trafics en tous genres sur les espèces sauvages, qui ont pris une ampleur sans précédent ces dernières années. 

Trafic de bois de rose, braconnage et commerce illégal de tortues, d’hippocampes, de primates, de flamants roses et de nombreuses autres espèces, la criminalité liée aux espèces sauvages est un phénomène persistant à Madagascar. Au niveau mondial, les faits les plus inquiétants en matière de crimes sur les espèces sauvages touchent les éléphants au Mozambique et en Tanzanie, traqués pour leur ivoire, ou encore les rhinocéros en Afrique du Sud. Conscients de la nécessité d’une approche mondiale pour endiguer le phénomène, les Nations Unies viennent d’adopter une résolution qualifiée d’historique, dans un élan collectif de tous les pays membres, afin de mettre un coup d’arrêt à ce phénomène qui compromet les efforts de conservation menés au niveau mondial. Sur une initiative du Gabon et de l’Allemagne, cette résolution pour renforcer la lutte contre le braconnage et le commerce illégal d’espèces sauvages a été soutenue par 80 autres pays dont Madagascar.

Volonté. La Grande Ile, directement concernée par le problème, n’a pas jusqu’ici brillé par sa volonté de lutter efficacement contre la préservation des espèces sauvages, en grande partie endémiques, que renferme sa nature certes qualifiée de cinq étoiles, mais sérieusement en déclin en raison des activités illégales des trafiquants. L’exemple du trafic de bois de rose est sans doute le plus tristement célèbre. « Outre le bois de rose, plusieurs autres espèces rares et précieuses sont toujours victimes de contrebande: des reptiles, des espèces marines, des plantes médicinales, des orchidées. WWF exhorte Madagascar à mettre en place une politique claire pour lutter contre ces pratiques douteuses qui mettent à mal les richesses naturelles de la Grande Ile, notamment dans la mesure où les contrebandes d’espèces sauvages ne sont ni considérées, ni traitées comme un crime », a déclaré

Nanie Ratsifandrihamanana, directeur Pays de WWF à Madagascar. Cette organisation, déjà active dans la lutte la criminalité liée aux espèces sauvages, vient de lancer l’an dernier, avec le programme TRAFFIC, un programme conjoint de WWF et du World Conservation Union (IUCN) dont la mission est de surveiller le commerce international des espèces sauvages, le Wildlife Crime Initiative (WCI). Il s’agit d’une initiative de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages, qui fait suite à la campagne mondiale conjointe des deux entités, contre le commerce illégal des espèces sauvages.

 

Approche mondiale. La résolution adoptée par l’ONU vient ainsi renforcer les initiatives déjà mises en œuvre en matière de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages. Son adoption traduit la reconnaissance de l’ensemble de tous les pays membres, de la gravité de ce phénomène et l’urgence de le combattre en adoptant une approche mondiale. Ainsi, il a été convenu entre les 193 Etats membres des Nations Unies qu’un approfondissement de la coopération régionale et internationale, sera à mettre en œuvre. Ce, en agissant d’un bout à l’autre de la chaîne du commerce illégal des espèces sauvages en prenant des mesures visant à juguler le braconnage et les trafics. Au-delà du renforcement des procédures judiciaires, la résolution encourage les pays à mobiliser les communautés locales dans la lutte contre le commerce illicite en élargissant leurs droits et leur capacité à gérer les ressources sauvages et à en tirer des bénéfices.

Hanitra R.

Telma Fibre Vibe

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2 Comments - Write a Comment

  1. · Edit

    C”est sensé de prendre des mesures, mais les actions où sont-elles? Les trafiquants se faufilent derrière un rideau tendu par des hauts responsables et la loi ne s’applique pas aux intouchables, elle est faite pour les pauvres et les imbéciles comme moi.

  2. Une fois encore la solution à ce drame environnemental passera par l’instauration d’un véritable Etat de droit à Madagascar. Un Etat doté des moyens policiers et judiciaires, sourds aux sirènes de lacorruption et à même de faire régner la loi. En amont, il s’agira naturellement de punir très sévèrement les trafiquants (surtout les donneurs d’ordre), en aval, il s’agira de dénoncer les pays bénéficiaires de ces trafics. Evidemment, il paraît souvent inutile d’aller porter plainte contre la Chine, par exemple. Elle s’en fout ! De même,comment se plaindre auprès des autres pays bailleurs de fonds ? Comme quoi, entre les bonnes intentions et la réalité, il existe un gouffre insondable. Cela dit, il existe une liste de personnes mouillées jusqu’au coup dans le trafic de bis de rose. Tout le monde peut la consulter sur internet en fouillant un peu (plutôt en anglais). Est-ce trop dire que de penser que quelques balles dans la nuque pourraient calmer ces gros malfaisants et donner l’exemple à leurs semblables ?

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