Procès de Jean-Pierre : Verdict le 4 septembre



Jacaranda

Jean-Pierre est encore en liberté provisoire. Mais plus d’un appelle de tous ses vœux qu’il soit complètement innocenté. 

Le procès de Jean-Pierre Randrianamboarina s’est tenu hier au Tribunal Anosy, comme prévu. Le prévenu y a quand même assisté malgré son état de santé très détérioré après les nombreux coups qu’il a reçus. Après un peu moins d’une heure de débat houleux, le juge a décidé de ne rendre son verdict que vendredi prochain. Ceci, malgré la demande des trois avocats de la défense qui lui a été adressée de rendre ce verdict hier, jour du procès, arguant de : « L’état de santé de la personne que nous défendons et la grande inquiétude des membres de sa famille». En fait, les chefs d’inculpation pesant contre Jean-Pierre sont nombreux, entre autres: attroupement sans autorisation, provocation des Forces de l’ordre dans l’exercice de leur fonction, pillages, atteinte à la sûreté de l’Etat,… le 24 et le 31 août. Et le procureur de dire: «C’est le fait de sortir de l’enceinte du campus et de descendre dans la rue, en pleine manifestation, qui pose un problème. C’est contraire à la loi car cela signifie qu’il y a attroupement non autorisé. Et c’est une suite logique à l’atteinte à la sûreté de l’Etat. Ce qui pourrait conduire à la haine contre le Gouvernement, compte tenu du fait que Jean-Pierre pourrait être manipulé par les politiciens ». Une affirmation fortement huée par l’assistance venue nombreuse pour soutenir le meneur de grève.

Bouc émissaire. Par ce propos, ce représentant du ministère public a voulu faire référence aux événements qui se sont déroulés le 24 août, le jour où Jean-Pierre a été arrêté par les Forces de l’ordre une première fois, au cours d’un point de presse. Lui qui avait abandonné ses camarades grévistes pour rejoindre les journalistes à l’extérieur du campus. Choqué, l’un des avocats de la défense de riposter: «Faire une déclaration à la presse ne relève ni de trouble à l’ordre public, ni d’atteinte à la sûreté de l’Etat. En plus, il était seul durant le point de presse quand les éléments des Forces de l’ordre l’ont subitement arrêté ». Une argumentation relayée par l’autre avocat de la même partie : « Le 31 août, il était à l’intérieur du campus quand on l’a arrêté et tabassé. Les Forces de l’ordre ont tout simplement violé la franchise universitaire. Et si ces dernières veulent vraiment faire une démonstration de force, pourquoi ne pas le faire là où les attaques de « dahalo » font rage. Au final, ce n’est pas le cas de Jean-Pierre qui est le fond du problème. C’est une guerre entre le Seces et l’Etat. Lui, comme tous ses camarades à l’université, n’en sont que les victimes. Qui plus est, il n’a perpétré aucune agression contre l’administration de l’université ni sur une personne. Il a seulement joué le rôle du bouc émissaire».

Injustice. Jean-Pierre était encore visiblement très faible quand il a comparu devant la justice, hier. Il pouvait à peine marcher et était soutenu par ses amis. Quant à Me Willy Razafinjatovo dit Olala, faisant également partie des avocats de la défense, il a renchéri: «Pourquoi s’en prendre à notre jeunesse ? Jean-Pierre n’est pas du tout coupable car il n’a rien fait de mal. Il a seulement réclamé ses droits, qui sont de reprendre enfin les cours». Les «Zanak’i Fianara» ont aussi lancé un message fort au ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique ainsi qu’au Chef d’Etat. « Ce qui arrive à notre frère nous affecte énormément. Faites attention car nous ne tolérons pas une telle injustice !», affirme Jean Richard Rahajasoa, leur porte-parole. En attendant ce verdict, les étudiants ont affirmé vouloir continuer leurs manifestations et ont témoigné de leur solidarité avec Jean-Pierre. «Et il se pourrait que celles-ci s’amplifient si jamais cette décision du tribunal ne répond pas à notre attente», concluent-ils.

Arnaud R.


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