Eau, assainissement et hygiène : Madagascar parmi les grands oubliés ?

Jacaranda
L’eau potable, ressource toujours inaccessible pour plus de la moitié des Malgaches.
L’eau potable, ressource toujours inaccessible pour plus de la moitié des Malgaches.

Madagascar figure-t-il parmi les oubliés des pays développés en termes de soutien technique et budgétaire en matière d’accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement (EAH) ? En tout cas, la situation locale en EAH reste précaire et manque cruellement de moyens financiers.  

Un engagement international historique vient d’être pris par les dirigeants mondiaux, réunis à New York depuis le 25 septembre 2015 pour la 70e session de l’assemblée générale des Nations Unies : la signature de leur engagement envers les « Global Goals », les objectifs mondiaux de développement durable, faisant suite aux anciens Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Parmi les 17 objectifs mondiaux de développement durable – dont l’objectif est de lutter contre l’extrême pauvreté, les inégalités et le changement climatique – figure l’objectif n°6, engageant les Etats membres de l’ONU à garantir, d’ici à 2030, l’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène, partout, pour chacun des habitants de la planète. A l’heure actuelle, plus de 650 millions de personnes dans le monde dont plusieurs millions de Malgaches, vivent toujours sans accès à l’eau potable tandis que 2,3 milliards de personnes, dont des Malgaches, n’ont pas accès à des toilettes décentes.

Composantes fondamentales. A Madagascar, le secteur EAH, bien que figurant parmi les préoccupations gouvernementales, ne dispose pas de supports financiers suffisants. Dans le pays, 48,5% des foyers n’ont pas accès à l’eau potable et 88% à l’assainissement. Une situation qui compromet bien des résultats dans une multitude de domaines, de l’éducation des enfants à la santé de la population en passant par les conséquences d’ordre économique. «… L’eau, l’assainissement et l’hygiène sont des composantes fondamentales du développement et l’accès à ces services de base essentiels permettra de transformer la vie de centaines de millions de personnes. On peut y arriver avec une volonté politique suffisante et des idées et modes de financement innovants », affirme Lovy Rasolofomanana, représentant WaterAid Madagascar. Les expériences de cette ONG œuvrant dans le domaine de l’accès à l’EAH, confirment la faisabilité de l’accès effectif à ces services de base à Madagascar. Mais à l’échelle nationale, l’objectif reste, sans surprise, hors d’atteinte sans financement. Il est urgent ainsi de considérer davantage qu’auparavant l’accès à l’EAH dans le plan de développement, et l’affectation de budgets spécifiques correspondant aux besoins réels des communautés. Bref, l’accès à davantage de ressources consacrées à l’EAH serait un grand pas en avant dans le changement de la vie des plus vulnérables à Madagascar où la fracture est flagrante en termes d’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène, entre les plus nantis et les plus défavorisés, et entre les agglomérations urbaines et les zones rurales. Là où vivent pourtant 80% des Malgaches…

Hanitra R.

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