Exploitation sexuelle : Une cinquantaine d’enfants secourus à Toliara

Jacaranda

Elles sont 15 filles à Toliara ville. 30 dont 3 garçons à Mangily/ Ifaty (village touristique à 22 km au bord de la mer au nord de Toliara), soit une cinquantaine d’enfants entre 14 et 17 ans, issus de familles démunies, pris en charge par le Bureau International du Travail (BIT).

Ces jeunes sont victimes de l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales (ESEC). Maintenant ils ne le sont plus puisqu’ils ont été retirés du réseau. Est-ce suffisant ? Non évidemment. Aussi pour accompagner ces enfants contre la violence et « les pires formes de travail des enfants », un programme conjoint BIT-UNICEF a été initié depuis 2014 à Toliara/Mangily et Nosy-Be. Ce programme consiste à un accompagnement psychologique, de suivi médical et d’actions de sensibilisation contre les infections sexuellement transmissibles et le VIH SIDA. « Je sais ce qui m’est arrivé et je fais très attention à mes fréquentations », explique une des filles. Très important, une formation pratique complète cet accompagnement : hôtellerie et restauration.

La formation. En Septembre 2015, la formation en hôtellerie-restauration a été confiée à l’Institut Privé de Formation Professionnelle. L’IPFP a déjà formé des milliers d’apprenants en informatique bureautique et en langue anglaise, établissement agréé par l’Etat et homologué par la FOP. Le module hôtellerie-restauration est dirigé par un sortant de l’INTH (1994) le chef  Zazah qui depuis,  a déjà roulé sa bosse dans plusieurs hôtels et restaurants, de Mangily/ Ifaty à Fort-Dauphin (QMM) en passant par Toliara et St Augustin. Un savoir-faire énorme en cuisine et informatique. Ce qui lui permet de transmettre son savoir par une vision sur un grand écran des illustrations des cours sur Youtube suivie d’explication concrète et à la portée de ces jeunes apprenants. « Principal handicap, c’est le niveau de ces jeunes enfants » confie le formateur Zazah avec un grand soupir, puis d’ajouter « Ceux de Mangily/ Ifaty sont plus intéressants car ils ont vécu sur le site et ont eu des contacts avec les touristes étrangers donc le même milieu de l’hôtellerie, alors que ceux de Toliara ont eu des contacts à tout-venants ».

Objectif : trouver du travail pour ces 170 jeunes. Le même programme et soutien BIT-UNICEF se déroule à Nosy Be à l’extrémité nord de l’île, impliquant quelques 90 filles, toujours entre 14 et 17 ans. Pour Bit-Unicef un seul but : obtenir un certificat qualifiant,  pour ces jeunes en marge de la société, après ces deux années de formation et les placer dans les nombreux hôtels et restaurants qui pullulent au bord de la mer de Toliara et Nosy-Be. « Le mieux pour ces jeunes qui arrivent en fin de formation courant 2016, intervient un vieux guide –touriste diplômé des tous premiers guides à Madagascar, serait d’organiser pour la cinquantaine de jeunes, une sortie de promotion pour Toliara/ Ifaty, réunissant tous les hôteliers et restaurateurs des deux sites. A l’occasion de cette distribution de certificats, ces jeunes pourront servir et montrer leur savoir-faire pour persuader les hôtes à choisir le nouveau formé qui leur convient ». Il va de soi que les preneurs seront sensibilisés d’avance de l’histoire des jeunes formés et qu’ils seront la suite et fin logique de la formation complète.

Charles RAZA

Share This Post

2 Comments - Write a Comment

  1. très belle initiative!On bouge,on prend la responsabilité.Que tout chacun fasse sa part et la nation n’aura rien à envier des autres

  2. Initiative que l’on doit saluer des deux maints, puisque la jeunesse malgache est menacée par le travail des enfants, le tourisme sexuel… On peut dire que le pouvoir en place fait des efforts concernant l’avenir de Madagascar et de la population (future ou déjà) active.

Post Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.