Alimentation : Un peu moins de 2 millions de Malgaches en insécurité alimentaire

Dans le Sud, la nourriture et l’eau sont de plus en plus difficiles à trouver, ou hors de portée des ménages. (Photo d’archives).
Dans le Sud, la nourriture et l’eau sont de plus en plus difficiles à trouver, ou hors de portée des ménages. (Photo d’archives).

Près de 1,8 million de Malgaches, soit 46% de la population de huit régions de Madagascar, sont en situation d’insécurité alimentaire actuellement, dont 450 000 personnes, soit 12% de la population de ces régions, sont confrontées à une insécurité alimentaire sévère.

Amboasary, dans la région Anosy, Ampanihy dans la région Atsimo-Andrefana, et la région Androy. Ces trois régions du Sud de Madagascar enregistrent les plus forts taux d’insécurité alimentaire. Ici, 30% de la population (environ 380 000 personnes) sont concernés. Etendue sur plusieurs autres régions de Madagascar, l’insécurité alimentaire touche un peu moins de 2 millions de personnes. Cet état des lieux a été dressé à l’issue d’une évaluation conjointe des récoltes et de la sécurité alimentaire, menée dans huit régions de Madagascar conjointement par le ministère de l’Agriculture, le PAM (Programme Alimentaire Mondial) et la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), dont les résultats ont été publiés, hier.

Disette. Il n’y a ainsi pas de surprise. Le Sud reste le plus affecté par l’insécurité alimentaire et subit les contrecoups de la baisse des productions vivrières des campagnes agricoles des dernières années, et ce, depuis 2012. Les déficits pluviométriques de fin 2014 ont aggravé la situation. Sept districts sont particulièrement touchés, à savoir, Amboasary et Ampanihy, Ambovombe, Beloha, Bekily, Tsihombe et Betioky. Dans ces districts, les ménages n’ont guère le choix que de recourir à des stratégies de survie, bien que néfaste pour leur devenir, telle la vente de leurs biens, notamment les outils de production ; la réduction du nombre de repas ; la consommation d’aliments de disette, essentiellement le fruit du cactus rouge, ou la déscolarisation des enfants.

Pas d’action concrète. « Quand les gens ont recours à de telles mesures, leur résilience aux chocs diminue. Il est crucial de poursuivre l’assistance, non seulement pour permettre aux communautés une consommation alimentaire adéquate en période de soudure, mais également pour les aider à recouvrer leurs moyens de subsistance», affirme le représentant du PAM à Madagascar, Willem Van Milink. Le représentant de la FAO, Patrice Talla Takoukam, pour sa part, confie que « les évaluations menées depuis 2014 n’ont pas fait l’objet d’actions concrètes suffisantes pour faire face aux situations prévalentes ». Et d’ajouter que la situation actuelle nécessite des actions concrètes des différents acteurs œuvrant dans la sécurité alimentaire afin d’éviter une situation plus alarmante.

Assistance. Ces deux organismes comptent déjà plusieurs actions en faveur des populations du Sud. Le mois prochain et ce, jusqu’en février 2016 où seront attendues les prochaines récoltes, le PAM assistera 130 000 personnes par le biais de distributions de vivres contre travail ou d’argent contre la création d’avoirs communautaires, et de distributions de vivres aux familles sans force de travail. Ces actions seront menées dans cinq des sept districts les plus affectés, à savoir, Amboasary, Ambovombe, Tsihombe, Beloha et Betioky. S’y ajoutent les supplémentations nutritionnelles destinées aux femmes enceintes et allaitantes, aux enfants de moins de 2 ans, ainsi que l’appui au traitement de la malnutrition aiguë modérée pour 7 000 enfants. La FAO, pour sa part, est intervenue dans le cadre d’une relance agricole d’urgence à travers des distributions de semences améliorées résistantes aux conditions climatiques dans le sud, ainsi que dans la lutte antiacridienne.

Hanitra R.

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3 Commentaires - Ecrire un commentaire

  1. pendant qu ils grossis leur ventre a leur tour

  2. C’est dans les régions les plus déshéritées que la reproduction humaine est la plus forte…moins il y a de nourriture, plus je fais d’enfants….cherchez l’erreur!

  3. pendant que le PRM s’offrait le luxe de flirter avec les restaurants chics de Monparnasse

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