Tanà : 25 % des constructions précaires sont des bidonvilles

Jacaranda
Les bidonvilles résultent des problèmes de planification urbaine.
Les bidonvilles résultent des problèmes de planification urbaine.

De plus en plus de personnes migrent vers la capitale à la recherche de meilleures conditions. Mais cette hausse constante de la population agrandit les bidonvilles et entraîne un effritement du pouvoir d’achat.

 

La période de fête a été certainement un pic en matière de nombre de personnes circulant à Tanà. La capitale est tout de même envahie, il n’y a qu’à aller dans les endroits populeux comme à Behoririka et Soarano, à Isotry ou encore aux 67 ha pour s’en rendre compte. En 2009, la population tananarivienne a été estimée à 1 500 000 habitants. Selon toujours les estimations, elle est passée à 1 800 000 en 2011, et reste en hausse. La ville éprouve donc de plus en plus de difficultés à faire face à cet exode. Puisque c’est l’arrivée massive de populations des campagnes qui est la première cause de cette surpopulation. Le plan d’urbanisme est inadapté, les infrastructures sanitaires ne répondent plus aux besoins de la population, la précarité est grandissante et l’insécurité en hausse. C’est donc un problème de fonds, puisque les habitants des campagnes ne peuvent plus rester dans leurs communautés, où l’insécurité est également une des plus grandes causes de leur migration, mais aussi les conséquences des catastrophes naturelles qui engendrent des changements importants dans le calendrier des cultures.

Bidonvilles. La ville d’Antananarivo a changé de visage en quelques années. En prenant le chemin reliant Ampefiloha au pont de Bekiraro, longeant le canal d’Andriantany, on découvre un microcosme qui concerne une bonne partie de la population. Les bidonvilles s’agrandissent et s’enracinent. Les habitants de ces bidonvilles ont élu domicile là où ils peuvent, et ont commencé leurs activités génératrices de revenus… ou pas. En 2010, les constructions illicites représentaient 70%. 25% des habitats précaires sont des bidonvilles. Cela résulte notamment du problème de planification urbaine, mais aussi de la précarité du pouvoir d’achat de la population, de l’insuffisance de l’offre en matière de logements, et de l’appauvrissement général au fil des années.

Anjara Rasoanaivo

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3 Comments - Write a Comment

  1. 25%? Etes-vous certain d’un tel chiffre SI BAS par rapport à ce que l’on constate de visu, plus de 50%!
    Où sont-ce des estimations à la locale, à la Malgache, c-à-d par rapport à ce qu’on appelle la « classe moyenne », une notion qui n’a rien à voir avec la Brésilienne, ni même avec le Nigériane…
    Redéfinirions-nous un nouveau classement des classes dans notre société?

  2. On ne demande pas au pouvoir de résoudre tout, c’est vrai, mais au moins d’empêcher les choses d’empirer. Mais franchement mon ami, personne n’exige plus quoi que ce soit, d’un régime qui n’a aucune assise de légitimité. Nous nous sommes résignés, dans la plus pure des « qualités » à la Malgache.
    Vous faîtes trés bien de souligner l’étalement en tâche d’huile de la misère, quand elle gagne des territoires il est quasiment impossible de l’en dégager. On aimerait bien que ce genre d’expansion se passe avec la prospérité.
    Il est cependant de trés sérieuses personnes qui proposent à mes yeux LA SOLUTION: la création de nouvelles villes à 50km à la ronde de Tana. Nous militons dans ce sens, ça aurait au moins le mérite de contenir l’expansion des poches de misère. Mais tout cela entre dans un écosystème qui suppose la réduction des corruptions. On en est loin. Alors un pas vers des cieux plus cléments, ne peut être que la FIN du régime actuel et la souveraineté ré-accordée à des régions qui au bout du compte ne reflètent que de bien pâles copies des royaumes autonomies d’antan. Ce n’est pas de la nostalgie. C’est une application d’une solution qui a fait ses preuves.

  3. Personne n’a demandé au pouvoir de résoudre en totalité les problèmes sociaux. Le Fitondrana (pouvoir) n’a montré aucun signe d’amélioration ou de solution et préfère que la situation s’empire …
    Bientôt le jardin d’Ambohitsirohotra (coté Lac Anosy) va être squatté par les sans abris et là, c’est trop tard … Cà appartient bien à l’Etat et à la Nation cette résidence et son jardin …
    Et avec les lacunes des infrastructures, le manque de pouvoir d’achat et les intempéries, pourquoi et avec quels moyens pour construire en dur ?
    Normal que 25% des constructions précaires ou non sont des bidonvilles où les gens sont livrés à eux-mêmes.

    Ce n’est ni le Président de la République, ni le 1° Ministre, ni aucun membre du gouvernement, ni aucun député ne veulent constater sur place, de visu, les conditions de vie des Malagasy le long du canal Andriantany : d’Ankadimbahoaka au pont de Bekiraro en passant par Ampefiloha et Isotry.

    C’est vraiment la grande misère !!!

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