Jeudi de Soamahamanina : Présence massive des forces de l’ordre La population réclame la libération des manifestants incarcérés

Des éléments de l’Emmo-sécurité en patrouille.
Des éléments de l’Emmo-sécurité en patrouille.

Une atmosphère lourde régnait dans la commune rurale et surmédiatisée de Soamahamanina. Soulagement, traumatisme et détermination pour la continuation de la lutte animent de façon simultanée ce village.  Les Chinois ont certes plié bagages, mais la lutte continue et ne prendra fin qu’une fois les revendications satisfaites.

Contre toute attente, l’ambiance a plutôt été calme dans le village de Soamahamanina. Notamment quant à la continuation de la manifestation de lutte contre l’exploitation minière effectuée par la société Jiuxing Mines. « Nous luttons pour nos terres, notre manifestation n’a pas de but politique comme on veut vous faire croire. Paysans comme nous sommes, nous ignorons tout de la politique ». Tel était le type de message véhiculé lors de la manifestation d’hier. Ayant duré environ une heure trente, celle-ci a affiché une participation active des femmes dans la prise de parole. Ainsi, tous les discours ont convergé vers trois points précis : la libération dans les plus brefs délais des leaders du mouvement, dont Pierre Robson ainsi que d’un collégien dénommé Hasina, le retrait du permis d’exploitation octroyé aux Chinois et la restitution des terres aux villageois.

La manifestation a également été surveillée de près par les éléments des forces de l’ordre. Stationnés dans des points clés de la commune de Soamahamanina, composés à la fois d’éléments de l’Emmo sécurité, de la FIGN et des militaires, ces derniers sillonnaient le village d’un côté à l’autre. Une présence qui est mal perçue par les villageois qui en plus d’être traumatisés par les arrestations qu’ils jugent arbitraires, n’en trouvent pas les vraies raisons. « Les forces de l’ordre sont en grand nombre dans notre village. Au lieu de faire des abus contre les paysans, ils devraient traquer les dahalo» lance Radezy, un habitant dudit village.

Un départ suspect. Selon les habitants de cette commune rurale, les Chinois ont quitté les lieux en emportant la majeure partie de leurs matériels d’extraction. Censés être presque vides, les sites d’extractions sont cependant solidement gardés par des éléments de la gendarmerie nationale. Une attitude qui fait poser des questions aussi bien aux villageois qu’aux observateurs de la vie publique quant à ce qu’il y a à cacher sur le site. Le problème d’accaparement de terres par des investisseurs étrangers n’est pas un cas isolé dans la Grande Ile. L’affaire Soamahamanina est l’une des seules ayant été divulguées au grand public. Des questions persistent toutefois quant à son issue. Ainsi, le départ des Chinois signifie-t-il une vraie victoire pour les villageois de Soamahamanina, ou cache-t-il autre chose ? Affaire à suivre.

José Belalahy

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