Corruption : Une pratique devenue culture populaire

Les déclarations concernant l’enracinement de la corruption dans la société malgache pleuvent de partout.L’on sait pourtant qu’une telle pratique est une entrave au développement aussi bien socio-économique qu’humain.

« Chez nous, la corruption est la règle ». Un message fort de sens venant d’un citoyen lambda qui résume le contexte actuel du pays en matière de corruption.Et les témoignages qui relatent ladite pratique ne manquent pas. Si l’on ne veut prendre que le cas des soi-disant « fahalalam-pomba ou littéralement politesses» demandées par les agents de l’administration publique lorsque les citoyens demandent leurs services. Ces derniers étant ce à quoi l’argent public les paye. La situation est  cependant criée par les représentants des instances internationales comme l’ambassadeur de l’Union Européenne Benito Sanchez selon lequel la corruption serrait la gangrène de Madagascar. Une déclaration pas éloquente, passée en direct à la Radio France Internationale (RFI) il y a quelque mois, qui tente de confirmer l’hypothèse selon laquelle la corruption est devenue une pratique sociale dans notre cher pays. Une pratique qui n’est pas des plus dignes mais qui fait la fierté de certaines personnes lorsqu’elles relatent comment elles ont fermé le bec à un agent de police en lui donnant des billets alors qu’elles ont enfreint la loi. Sur le plan national, des organismes, voire de simples citoyens qui  veulent changer les choses tentent de sonner les sonnettes d’alarme pour que des mesures vraiment significatives soient prises par les responsables. Des efforts sont certes menés mais la corruption se fait toujours au vu et au su de tous.

Initiatives citoyennes. C’est dans le cadre de la lutte contre ce fléau qu’a été prise l’initiative « tsycoolkoly ». Mise en place par quelques jeunes universitaires désireux de prendre leurs responsabilités citoyennes, cette initiative «se veut avant tout de dénoncer les diverses pratiques afin que les décideurs prennent leurs responsabilités», lance Nucia Randrianarison, une des étudiantes porteurs du projet. « Tsycoolkoly ambitionne également de participer au réveil citoyen » ajoute l’étudiante. Une démarche qui n’a pas laissé indifférente certains organismes qui ont apporté leurs appuis quant à la réalisation de ce projet.

Démarche. Le projet tsycoolkoly se manifesterait par la création d’un site web où toutes personnes victimes ou ayant été témoins de corruption (dans toutes ses formes) pourront témoigner et s’exprimer librement. Un rapport devant s’adresser à toutes les instances que ce soit nationales ou internationales et détaillant les diverses pratiques, serait ensuite rédigé par les étudiants. «Nous allons essayer de sectorialiser les pratiques afin d’être plus professionnel dans notre démarche » affirme avec conviction Nucia Randrianarison. « Courage et audace» seraient les mots qui résument le mieux les défis que ces jeunes universitaires se sont lancés vu la sensibilité du sujet qu’est la corruption dans notre situation actuelle.Espérons juste qu’ils arrivent à bon port. Affaire à suivre.

José Belalahy

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