Malnutrition chronique : Madagascar perd 14,5% de son PIB

Jacaranda
La malnutrition chronique retarde non seulement la croissance des enfants, mais également l’économie du pays.
La malnutrition chronique retarde non seulement la croissance des enfants, mais également l’économie du pays.

Les preuves sont là. La malnutrition chronique ne retarde pas seulement la croissance de l’enfant, mais perturbe également l’économie du pays.  

La malnutrition chronique qui provoque le retard de croissance, rend les populations moins productives, au point de déstabiliser l’économie de Madagascar. C’est la signification la plus directe de ce qu’on appelle «Coût de la faim». Ainsi, une étude sur le Coût de la faim en Afrique (CDFA) vient de montrer que la Grande Ile perd tous les ans 14,5% de son Produit Intérieur Brut (PIB). En d’autres termes, chaque année, Madagascar enregistre une perte de 3 384 milliards d’Ariary de son économie, l’équivalent de 1,5 milliard Usd. Cette étude met en relief l’étendue des coûts sociaux et économiques engendrés par la malnutrition infantile pour chacun des pays étudiés. Des résultats qui s’alignent bien à la situation liée à la malnutrition chronique touchant surtout les enfants en bas âge. Cela, étant donné qu’à Madagascar, un enfant de moins de cinq ans sur deux est affecté par le retard de la croissance provoquée par la malnutrition chronique. D’ailleurs, le dernier rapport de l’Office National de la Nutrition (ONN) montre que 47% des enfants de la tranche d’âge indiquée sont tous affectés par ce type de malnutrition. L’étude CDFA permet ainsi de se rendre compte à quel point la malnutrition chronique, en plus des conséquences sanitaires sur l’enfant, peut également devenir un facteur déstabilisant pour l’économie d’un pays. Ces statistiques sur Madagascar ne manquent pas de le montrer. 

5e pays au monde. Même le chef du Gouvernement, Olivier Mahafaly Solonandrasana le reconnaît. Lui de dire: «Madagascar est le cinquième pays au monde ayant le taux le plus élevé de retard de croissance. Les résultats de cette étude confirment l’urgence pour le pays de mobiliser davantage des ressources et d’investissement». Les résultats de cette étude ont été remis officiellement au Premier ministre, au Palais de Mahazoarivo, hier, par les représentants de la Commission de l’Union Africaine. Le Premier ministre n’a pas manqué de rassurer au passage que la lutte contre la malnutrition chronique fait partie des priorités du Plan National de Développement (PND).

Pertes entre 1,9 et 16,5%. L’étude CDFA est un projet dirigé par la Commission de l’UA et l’Agence de Planification et de Coordination du NEPAD, avec le soutien de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique et le Programme alimentaire mondial (PAM). Elle est réalisée par une équipe nationale de mise en œuvre regroupant 14 organismes et ministères, sous la direction de la Primature, et avec l’appui des Nations Unies. A titre d’information, la Grande Ile est le dixième pays en Afrique où l’étude CFDA est réalisée. L’objectif étant de sensibiliser les gouvernements africains sur le fait que la malnutrition chez l’enfant peut également rétrograder l’économie nationale. «Les études CDFA précédentes révèlent que les économies africaines perdent entre 1,9 et 16,5% du PIB à cause de la malnutrition infantile», souligne pour sa part le Dr Margaret Agama-Anyetei, conseiller aux Affaires sociales de la Commission de l’UA. Le projet «Miaro» vient d’être présenté à l’occasion de la remise officielle des résultats de cette étude. Un projet qui a pour raison d’être de prévenir la malnutrition chronique chez l’enfant de 6 à 23 mois, ainsi que les femmes enceintes et allaitantes, tout en améliorant l’accès des femmes aux services de la santé reproductive dans le Sud du pays.

Arnaud R.

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