Français de Madagascar : Les perspectives de l’année 2017


Bmoi

Jacaranda

Nouvelle année 2017. Midi Madagascar saisit cette opportunité pour s’entretenir avec Jean-Daniel Chaoui, Président de Français du Monde Madagascar, Conseiller consulaire et Conseiller à l’Assemblée des Français de l’Etranger. Contact téléphone 22 597 96 et 034 02 283 36 ; francaisdumonde.madagascar@gmail.com

Midi Madagascar (MM) : l’Association Français du Monde Madagascar, que vous présidez, est bien connue de la population Tananarivienne. Quel bilan faites-vous de l’activité de votre organisme pour l’année 2016 ?

Jean-Daniel Chaoui (JDC) : Français du Monde Madagascar (FdMM) a développé un service à la personne auprès des Français, des étrangers et des Malgaches qui sollicitent les compétences de l’association. Ces personnes sont majoritairement résidentes à Tananarive, mais une partie d’entre-elles réside en provinces, hors de la capitale malgache, et une autre partie habite en France. La fréquentation des bureaux, au siège de FdMM, à Ampandrianomby, est significative, puisque FdMM a terminé l’année 2016 avec un nombre proche de 1700 visites. Pour ce faire, l’association emploie cinq personnes. L’association fonctionne en autofinancement reposant sur la cotisation des membres qui la sollicitent. Pour l’année 2015-2016, FdMM a enregistré 389 adhérents. Le niveau de fréquentation des bureaux ainsi que le nombre d’adhérents attestent du niveau de crédibilité et de compétences acquises par l’association. Celle-ci est administrée par un Conseil d’Administration des 15 personnes. L’équipe est animée et coordonnée par un Président bénévole. FdMM est une « représentation autonome » de Français du Monde-ADFE Paris. Rappelons que Français du Monde-ADFE, association à dimension mondialisée, est reconnue d’utilité publique par l’Etat Français.

MM : Quels sont les services que vous assurez auprès du public ?

JDC : FdMM développe une activité de conseils et d’assistance sur des domaines correspondant, pour la plupart, aux « Affaires consulaires » : état civil, transcriptions d’actes, mariages, inscription au registre des Français et sur la liste électorale, nationalité, affaires sociales et santé, bourses scolaires et scolarisation dans les établissements français, préparation de dossiers de visa… L’association occupe ainsi l’espace laissé libre par le « déficit de proximité et de disponibilité » de l’administration consulaire. En effet, les personnes que nous recevons ressentent le besoin d’être écoutées et entendues, ce qui n’est pas toujours possible avec une attention suffisante au Consulat Général de France (CGF), du fait d’une affluence importante de public et d’un nombre d’agents consulaires limité. Cette situation, pour être positive au bénéfice du public, doit être perçue comme complémentaire. FdMM se félicite que le CGF, dans la quasi-totalité des cas, entretienne un dialogue constructif lorsqu’il est sollicité.

MM : L’obtention des visas pour la France est souvent une épreuve pour les Malgaches, la crainte du refus étant partagée par la plupart des demandeurs. Quel est le sentiment de FdMM par rapport à ce point particulier ?

JDC : Ce sujet fait difficulté. FdMM est fréquemment sollicité par des familles binationales résidant en France et qui désirent faire venir leurs parents, ou l’un des deux, veuf ou veuve, qui ne sont pas de nationalité française. Ces derniers sont souvent de conditions modestes et ce sont donc les enfants ou petits-enfants binationaux résidant en France qui s’engagent à supporter les frais de voyage et de séjour. Or les refus de visa concernant ces situations sont devenus de plus en plus fréquents. L’étude de ce type de dossiers de demande de visa pour la France nous oblige à dire que les refus basés quasi-uniquement sur le motif n°9 (risque migratoire) nous semblent utilisés de façon trop systématique. Notre inquiétude est accentuée par le fait que les services consulaires ne sont plus, sur ce point, en contact avec le public depuis la mise en place du centre TLS Contact à Ankorondrano, et qu’ils prennent donc leur décision uniquement sur pièces et dossiers. FdMM, qui est au contact de ce public, tente de sensibiliser le CGF sur ce qu’il considère comme un vrai problème. En qualité de Président de FdMM, j’envisage d’interroger, sur le point précis que je viens d’exposer, le défenseur des droits en France pour recueillir son avis.

MM : Plus généralement, quels sont les sujets d’actualité concernant la vie quotidienne de la communauté française dans la Grande Ile?

JDC : Le renouvellement « forcé » du visa et de la carte de résident a perturbé un temps les Français résidant à Madagascar. La concertation engagée entre le CGF et l’administration malgache a permis de lever certaines ambiguïtés et de proroger le délai à fin février 2017 (information CGF). FdMM a été très présent sur ce dossier pour faciliter l’information et la négociation.

Le retour intensif des enlèvements d’opérateurs économiques (trois enlèvements depuis le 18 décembre 2016) inquiète considérablement la communauté française d’origine indo-pakistanaise et bien au-delà. Les auteurs de ces faits « mafieux » ne sont que très rarement retrouvés. Le Président Français, François Hollande, lors de son allocution à l’Ambassade de France en Présence du Premier ministre malgache, à l’occasion de sa venue récente pour le sommet de la Francophonie, avait fait part de sa préoccupation sur ce point. Je vais écrire au Président Hollande pour le tenir informé de la grande inquiétude qui prévaut à Madagascar, parmi mes compatriotes. Il ne s’agit pas ici d’incriminer quiconque, mais on ne peut raisonnablement envisager de s’installer durablement dans cette situation anormale.

MM : Et concernant l’actualité Française ?

JDC : Deux sujets dominent : la vague de froid (température en dessous de zéro) et la prochaine élection présidentielle. Je veux ici saluer le courage et la lucidité politique du Président Hollande. Il a pris acte de ses difficultés et a préféré se retirer pour laisser la place à un nouveau candidat issu de la gauche. Ce n’est pas si courant ! La Primaire citoyenne organisée par le Parti Socialiste permettra de dégager un candidat légitimé par le vote des Français qui participeront à cette désignation. Resterait ensuite à rassembler plus largement avec Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélanchon pour dégager un candidat unique et donner une chance à la gauche. Mais au jour d’aujourd’hui, ce scénario paraît improbable.

MM : Un dernier message ?

JDC : Je saisis l’occasion pour présenter, en mon nom personnel et au nom de Français du Monde Madagascar, tous mes vœux de réussite aux lecteurs de votre journal et à l’ensemble des habitants de la Grande Ile.

Recueillis par P.R.

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