Plus de 50% de la population touchée concernée : Intervention « musclée » contre le paludisme à Antsirasira Besalampy



Jacaranda
L’artésunate-amodiaquine reste efficace contre l’espèce plasmodiale prédominante, assure la direction de la lutte contre le paludisme.

La moitié de la population était dépistée positive au paludisme à Antsirasira, dans le district de Besalampy, où des équipes médicales du ministère de la Santé publique a vient d’effectuer une mission médicale.

 

Plus de 50% de la population dépistés positif. Ce constat était effectué lors de la descente sur place de l’équipe médicale du ministère de la santé dans cette localité d’Antsirasira, située dans le district de Besalampy, inaccessible en période de pluie qu’à moto et en charrette. La localité, signalée en effet, comme ayant été le théâtre d’une quinzaine de décès dus à une maladie se présentant avec une forte fièvre, a nécessité une intervention sur place, dans des conditions difficiles à cause de l’enclavement, et parfois dangereuses en raison de l’insécurité. La totalité de la population a été dépistée et sur les 2600 personnes, plus de 1400 ont effectivement été atteintes de paludisme. Ripostes immédiates, prise en charge des malades et activités de prévention.

D’autres localités ont également fait l’objet d’intervention similaires précédemment, notamment Ankililaoka où le nombre de cas a chuté de 72% après la mise en œuvre de séries d’actions de prise en charge et de prévention, et Sakaraha où les activités de chimio-prévention menées essentiellement sur les enfants de 6 mois à 15 ans, et à renouveler incessamment en avril, mai et juin, ont permis d’obtenir de bons résultats. 

 

Progression. Les interventions à Antsirasira qui ont eu lieu tout récemment, du 7 février au 14 mars 2017, ne sont pas sans rappeler les situations assez inquiétantes de la saison 2014-2015 dans plusieurs localités de Madagascar. Mais d’une manière générale, les données de routine ne montrent pas de changement notable du contexte épidémiologique au cours de la période 2013-2017 correspondant au Plan Stratégique National, avance la direction de la lutte contre le paludisme, au sein du ministère de la Santé publique. En 2016, le paludisme représente 5,83% des motifs de consultation et de 2013 à 2016, avec une augmentation de 39% de l’utilisation des tests de diagnostic rapide (TDR), les cas confirmés sont passés de plus de 380.600 à près de 450.000. Le taux de positivité a diminué de 37,1% à 31,45%. Toujours durant la même période, le nombre de cas graves est passé de 10.752 en 2013 à 4913 en 2016 et les décès de 561 à 343. Bref, une progression dans la situation générale.

 

Pré-élimination progressive. La situation inquiétante de la saison 2014-2015 dans certaines régions de Madagascar, ne s’est plus reproduite en 2015/2016, assure la direction de la lutte contre le paludisme. On se rappelle de ces cas de nombreux décès dans les districts d’Ambohidratrimo et d’Antananarivo Atsimondrano, mais également d’autres régions, dont notamment la partie Sud-Est de Madagascar. « Ces situations ont nécessité une série d’interventions dont les retombées n’ont pas tardé à se refléter quelques temps plus tard et notamment lors de la saison de transmission suivante, en 2015-2016. Si actuellement, les données de 2017 ne sont pas encore disponibles, celles concernant 2016, en revanche, reflètent une amélioration de la situation générale à Madagascar », explique le Pr. Arsène Ratsimbasoa, directeur de la lutte contre le paludisme. Et d’ajouter que Madagascar s’achemine maintenant vers la pré-élimination progressive du paludisme. Neuf localités qui affichent un taux de positivité de 5% ou moins seront concernées pour amorcer cette phase. 

Hanitra R.

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