Vaccination contre le cancer du col de l’utérus : Le vaccin, pas encore « démocratisé » à Madagascar

Jacaranda

Le vaccin contre le cancer du col de l’utérus  ne s’est pas encore « démocratisé » à Madagascar et n’est pas encore inclus dans le calendrier de vaccination à grande échelle.

 Si l’Etat malgache dispose déjà d’une politique nationale de lutte contre le cancer et d’un plan stratégique qui priorise la lutte contre le cancer utérin, le pays n’en est pas encore au stade de généralisation de la vaccination chez les filles. La Grande Ile a, toutefois, déjà mis en place un programme pilote de démonstration du vaccin contre le cancer du col de l’utérus, dont la phase de démonstration a concerné notamment les districts de Toamasina et de Soavinandriana, en 2013. A l’heure actuelle, ce vaccin n’est donc pas encore étendu à l’ensemble des filles en âge de pouvoir en bénéficier : entre 9 et 13 ans environ, avant le début de l’activité sexuelle. Actuellement, le vaccin est disponible à Madagascar, mais à un prix hors de portée de la majorité des Malgaches. Une « généralisation » de la vaccination chez les fillettes en âge de recevoir le vaccin, est ainsi de plus en plus attendue à Madagascar. D’autres pays africains sont plus en avance, à l’image du Sénégal qui vient d’introduire ce vaccin dans son calendrier de vaccination destiné à l’ensemble du pays.  

Le plus fréquent en Afrique. La situation en Afrique, dont à Madagascar, est alarmante concernant le cancer du col le l’utérus. Ce cancer, deuxième cancer le plus fréquent à Madagascar après le cancer du sein, continue de causer de nombreux décès. En Afrique, le cancer du col de l’utérus représente 22% de tous les cancers féminins et 12% de l’ensemble des cancers nouvellement diagnostiqués chez les hommes et les femmes chaque année. Il s’agit ainsi du cancer le plus fréquent sur le continent africain où 34 femmes sur 100 000 sont diagnostiquées d’un cancer du col de l’utérus et 23 femmes sur 100 000 en meurent chaque année. Une situation bien plus inquiétante par rapport à celles d’autres régions du monde. En Amérique du Nord, à titre de comparaison, 7 femmes sur 100 000 sont touchées par le cancer du col de l’utérus et seulement 3 sur 100 000 en meurent, chaque année.  Le retard du diagnostic explique le taux élevé de mortalité en Afrique et à Madagascar, car la majorité des femmes sont diagnostiquées à un stade avancé du cancer.

Priorité sénégalaise. Face à la situation, le Sénégal figure donc parmi les pays d’Afrique qui ont inclus le vaccin contre le papillomavirus humain (VPH) qui cause le cancer du col de l’utérus, dans leur calendrier de vaccination à grande échelle. A l’occasion de la 7e semaine africaine de la vaccination (SAV) actuellement en cours, ce pays a publié le calendrier relatif à l’introduction du vaccin contre le cancer du col de l’utérus. Ce pays lancera à l’échelle nationale une campagne de vaccination qui concernera les filles âgées de 9 à 15 ans pour la première année, 2017-2018, durant laquelle près de 900 000 filles, qu’elles soient scolarisées ou non, seront vaccinées. Une première étape débutera en novembre 2017 et la seconde étape, en mai 2018. Le Sénégal a ainsi fait de la lutte contre le cancer du col de l’utérus, en particulier, une priorité dans son programme national de développement sanitaire.

Protéger par le vaccin. Le VPH, à l’origine des cancers du col de l’utérus, rappelons-le, se transmet par voie sexuelle et constitue l’infection virale la plus courante des voies génitales. Le cancer du col de l’utérus est favorisé par la pratique précoce de l’activité sexuelle et la multiplicité des partenaires sexuels, ainsi qu’à l’exposition à d’autres infections sexuellement transmises telles que le VIH. Deux vaccins anti-VPH actuellement certifiés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) protègent contre le VPH. Ces vaccins, à l’innocuité avérée, doivent être administrés aux filles âgées de 9 à 13 ans, tranche d’âge durant laquelle le vaccin produit la réponse immunitaire la plus efficace. Il est, en effet, préférable, voire essentiel, de recevoir le vaccin avant l’exposition au VPH. Les données scientifiques montrent que la réponse immunitaire est meilleure lorsque le vaccin est administré avant 15 ans.

Outre le vaccin, le dépistage est sans doute l’outil de prévention le plus efficace contre le cancer du col de l’utérus et c’est dans ce domaine que Madagascar est davantage engagé pour le moment. La méthode la plus utilisée est l’inspection visuelle du col.

Hanitra R.

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