Protection des végétaux : Vers une nouvelle législation phytosanitaire

Jacaranda

Avec une législation phytosanitaire datant d’il y a plus de 30 ans, Madagascar a plus que besoin d’actualiser et de renforcer sa stratégie phytosanitaire dont les impacts sur le commerce et l’économie agricoles ne sont plus à démontrer. 

 

Plantes, animaux, ou micro-organismes qui ravagent les cultures, sont des organismes nuisibles à l’origine de pertes importantes pour les producteurs. A Madagascar, à titre d’exemple, les organismes nuisibles tels que les mouches des fruits occasionnent des pertes aux cultures de plusieurs millions d’ariary. « Le risque de l’introduction de nouveaux organismes nuisibles aux ressources végétales augmente, car avec la mondialisation des échanges et la circulation facilitée des personnes et des marchandises », explique la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. Et de spécifier qu’« au-delà de nuire à la production agricole alimentaire du pays, le manque de contrôle des organismes nuisibles réduit les possibilités d’accès aux marchés étrangers par les opérateurs malgaches ».

Appui. Madagascar a récemment bénéficié d’une assistance financière grâce au Fonds de solidarité africain (ASTF) pour l’évaluation des capacités phytosanitaire, la réforme de la législation et la formulation d’un nouveau cadre juridique visant la protection de la santé des végétaux. Un premier atelier ayant eu pour objectif d’informer les parties prenantes concernées (exportateurs, chambre d’agriculture, douane, secteur forestier, chercheurs, etc.) sur le processus d’évaluation des capacités phytosanitaires s’est tenu avec succès à Antananarivo du 31 janvier au 3 février avec le soutien de la FAO et l’appui technique de la CIPV (Convention Internationale pour la Protection des Végétaux) qui encadre au niveau mondiale les impacts des organismes nuisibles et les problèmes qu’ils occasionnent.   

Obsolète. Dernièrement, un autre atelier, dans le cadre de la poursuite du projet, s’est tenu du 2 au 5 mai 2017, avec les experts de la FAO et de la CIPV afin de consulter les parties prenantes quant au contenu futur d’une nouvelle loi phytosanitaire et celui de la stratégie de renforcement des capacités phytosanitaires adaptées au contexte et aux besoins de Madagascar. Faut-il rappeler que pour Madagascar, la législation phytosanitaire date de 1986 ? Celle-ci, devenue obsolète, ne correspond plus aux traités internationaux ratifiés par Madagascar et encore moins aux réalités économiques et commerciales actuelles. Une nouvelle législation plus adaptée au contexte technique et juridique de Madagascar, est ainsi en gestation.

Stratégie. Le pays s’achemine ainsi parallèlement vers une nouvelle stratégie de renforcement des capacités phytosanitaires, pour protéger efficacement les ressources végétales du pays face aux risques d’organismes nuisibles. Une analyse de la situation a été effectuée dans le cadre de cet atelier, à l’issue duquel les grandes lignes d’une stratégie phytosanitaire ont pu être identifiées. La direction de la protection des végétaux au sein du ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, ainsi que les parties prenantes continueront de détailler cette stratégie dans les prochaines semaines, en vue d’un troisième et dernier atelier de validation prévu de se tenir en août.

Recueillis par Hanitra R.

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