Maroantsetra : Les médecins « charlatans », dangers notoires pour la santé publique !

Jacaranda
Un CSB II du district de Maroantsetra complètement détruit.

Travaillant dans « l’ombre », des personnes exercent « illégalement » le métier de médecin. Un business lucratif pour ces dernières vu l’enclavement du district.

Les services de santé publique du district de Maroantsetra sont confrontés à de nombreux problèmes. D’un côté, les séquelles du passage du cyclone Enawo, notamment, la destruction totale ou partielle des centres de santé de base dans au moins neuf communes rurales. Et le cas de la commune rurale de Mahavelona où le bâtiment du CSB II présente des fuites d’eau n’en est qu’un exemple parmi les nombreux soucis présents dans les vingt CSB des communes rurales (20 en tout) dudit district. De l’autre, la prolifération de personnes « s’autoproclamant médecin ». Une situation que le docteur Edison Belalahy, chef du centre de santé de Base de la commune rurale de Mahavelona et non moins président de l’association des chefs de CSB du district de Maroantsetra déplore. « Non seulement ces personnes usurpent les fonctions des médecins mais, surtout ils peuvent aller jusqu’à entraîner la mort de leurs patients » affirme-t-il avec regret. Avant d’ajouter : « le comble de la situation c’est que les patients ne décident de venir dans les centres de santé de base qu’une fois leur état critique ». Ce qui rend difficile le travail des vrais médecins, car « il arrive que les cas des patients atteignent la phase finale de leur maladie » selon toujours les dires du docteur Edison Belalahy. Côté mode opératoire, ils (les charlatans) « promettent de tout guérir soit avec des remèdes miracles, soit avec des types de massages » lança le chef de CSB II de Mahavelona.

Arnaques. En plus de prétendre à des fonctions et savoir-faire dont ils ne disposent pas, les charlatans feraient également du commerce illicite de médicaments. « Non seulement ils aggravent la situation des malades, mais ils vont jusqu’à surenchérir les prix des médicaments » regrette Edison Belalahy. Citant l’exemple du paracétamol, ce chef de CSB II affirme que le prix d’une pilule de ce médicament est doublé chez les arnaqueurs (à trente ariary dans les pharmacies, une pilule de paracétamol coûterait 100 ariary aux marchés noirs des faux médecins). Face à ce fléau, les médecins regroupés dans l’association des CSB de Maroantsetra essaient de sensibiliser les populations locales lors des visites sur terrain ou encore lors des consultations. En plus, des mesures comme la poursuite judiciaire ou la traque auraient également été effectuées par l’association des médecins de Maroantsetra. Par ailleurs, une émission radiophonique hebdomadaire sur la santé aurait été diffusée, mais ne l’est plus pour des raisons inconnues. Ce qui est regrettable d’après Edison Belalahy, car c’était « l’occasion pour les responsables locaux d’interpeller la population sur les méfaits de contracter les escrocs ». L’enclavement du district de Maroantsetra figure sûrement parmi les causes qui ont permis à ce genre d’activité de proliférer. Outre les raisons économiques, ce fléau pourrait être pris en compte comme une autre raison justifiant l’urgence de la réhabilitation de la route nationale RN5 A. Ce qui sera plus que bénéfique pour les populations locales dans tous les cas.

José Belalahy

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