Fistule obstétricale : 50 000 femmes en attente de chirurgie réparatrice

Jacaranda
La grossesse précoce est l’un des facteurs favorisant la fistule obstétricale.
Photo d’archives.

Plus de 2 500 femmes ont déjà bénéficié, à ce jour, de la chirurgie pour réparer les dommages causés par la fistule obstétricale à Madagascar, mais des dizaines de milliers d’autres sont encore en attente de réparation.

 La fistule obstétricale, véritable drame qui touche les femmes et les jeunes filles, concerne encore 2 millions de femmes dans le monde tandis que 50 000 à 100 000 femmes la développent chaque année. La fistule obstétricale, une brèche entre le vagin et la vessie ou le rectum, causant une fuite urinaire et/ou de matières fécales par le vagin, résulte d’un travail difficile et prolongé lors de l’accouchement, principalement lié à la grossesse précoce. A Madagascar, plus de 50.000 femmes sont porteuses de fistule, les mettant à l’écart de toute vie sociale, allant jusqu’à une exclusion par leur propre famille, leur entourage et leur communauté, les condamnant à l’isolement et à la pauvreté, entraînant souvent une dépression. La fistule cause ainsi honte et souffrances chez ces femmes et adolescentes qui en sont victimes. Elle est pourtant évitable par l’accès aux soins obstétricaux, et réparable par la chirurgie.

Campagne à Analamanga. Hier, journée internationale pour l’élimination de la fistule obstétricale, la guérison et la dignité figurent parmi les principaux axes de communication et d’action des acteurs nationaux. C’est dans ce cadre que la campagne de formation et de réparation de la fistule obstétricale dans la région Analamanga, a été lancée. S’étalant du 22 mai au 2 juin 2017, cette campagne se tiendra dans trois hôpitaux d’Analamanga : le CHRR (centre hospitalier de référence régionale) de Mahitsy, le CHU JRA (centre hospitalier universitaire Joseph Ravoahangy Andrianavalona) et le Pavillon Sainte Fleur dans de l’enceinte du CHU JRA. Rappelons que 4 000 femmes âgées entre 15 à 49 ans sont atteintes de fistule chaque année à Madagascar. Plus de 2 500 ont déjà pu être réparées depuis le début, en 2003, des campagnes de formation et de réparation de la fistule. Au vu de la situation locale, des efforts considérables restent à déployer.

Gratuit. A Madagascar, la stratégie de lutte pour l’élimination de la fistule obstétricale porte sur la prévention, le traitement et la réinsertion sociale. L’objectif est d’assurer que chaque nouveau cas puisse être évité que chaque femme ou fille souffrant de fistule, traitée tout en bénéficiant d’une réinsertion sociale. Actuellement 12 équipes chirurgicales disposent des compétences nécessaires pour effectuer la chirurgie réparatrice. Douze hôpitaux, dont 8 établissements publics et 4 confessionnels sont équipés pour la réalisation des opérations chirurgicales. La prise en charge est totalement gratuite pour les femmes porteuses de fistule et leurs accompagnants.

Hanitra R.

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