Exploitationsdes enfants : Un fléau dans le Nord de la Grande-Île !

Inauguration officielle du centre Vonjy à Nosy-Be.

Abus sexuels, coups et blessures, maltraitance en tous genres, ce sont là des cas de violence dont sont victimes de nombreux enfants (surtout des filles) du district de Nosy-Be.

Beaucoup d’enfants malgaches sont actuellement maltraités et exploités à des fins commerciales ou financières. Une situation  que l’on retrouve dans toutes les régions du pays mais surtout dans les villes comme Nosy- Be ou Fort-Dauphin. Pour Nosy- Be, 241 cas victimes de violences ont été signalés par le Réseau de Protection de l’Enfant (RPE) en 2014. Ledit réseau, situé dans cette ville a démontré que 72% des cas cités concernaient des filles. Soit un taux représentant les 41 % des cas de violences et d’exploitations des enfants de la région Diana. Les mêmes observations du RPE détaillent également que les types de maltraitance les plus fréquents varient entre la violence sexuelle, l’inceste et l’exploitation sexuelle. Celle-ci représentant  43% des cas signalés selon toujours l’observation du réseau de protection de l’Enfant du district de Nosy- Be. D’autres types de maltraitance telle que la négligence et l’abandon parental (36% des cas enregistrés) seraient également constatés dans ce district du Nord de l’île. Et comme l’on parle de violence, les cas de coups et blessures correspondent à 12 % des statistiques. Il convient de noter que les données chiffrées suscitées ont été obtenues lors de l’inauguration du centre « Vonjy » dans le district de Nosy-Be. Ledit centre permettant une prise en charge intégrée des enfants victimes de violences.

Solutions. Les causes des violences et  des exploitations des enfants sont en majeure partie : « la pauvreté, le manque de prise de responsabilité des parents et la relative impunité dont bénéficient certains acteurs ». Le fait que le district de Nosy-Be soit une destination touristique peut également être prise en compte parmi les causes de ce fléau. La mise en place par le ministère de la Population des réseaux de protection de l’enfant (RPE) dans tout le district de Nosy-Be représente une solution partielle au problème. Ce système s’organise autour de la collaboration et de la coordination des actions effectuées par différents acteurs tels que la population, les services de santé et de justice, la police et la gendarmerie, ou encore les organisations de la société civile. Des problèmes persistent toutefois quant à l’exploitation optimale de ce réseau. En effet, les victimes et leurs familles doivent effectuer des va-et-vient entre les différents services. Ce qui les contraint de s’acquitter de lourds frais de déplacement. Additionnés à la lourdeur procédurale de l’administration publique, ces contraintes les découragent et font qu’elles (les victimes et leurs familles) désistent dans la déclaration des cas. Les impacts des abus et exploitations sexuelles perdurent toute la vie des victimes. La mise en place de mesures pour éradiquer ce fléau, en plus des centres « Vonjy », serait vivement recommandée.

Recueillis par José Belalahy

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