Peste urbaine : Les taxis-brousse, désinfectés, les taxi-be le sont beaucoup moins

Jacaranda
A la gare routière d’Ambodivona. Photo Nary Ravonjy.

Les opérations de désinfection des gares routières, des aires de stationnement et des taxis-brousse ont été renforcées depuis trois jours.

La présence sur le terrain, notamment dans les gares routières, des équipes de désinfection et des personnels de santé, réconforte les passagers et usagers qui fréquentent ces lieux. Lesquels souhaitent voir cette initiative appliquée également au transport en commun urbain. En effet, si les taxis-brousse sont désinfectés au départ comme à l’arrivée, les taxi-be qui enregistrent un taux de fréquentation beaucoup plus élevé, sont beaucoup moins concernés par les opérations de désinfection. Du moins, pas dans le cadre des mesures exceptionnelles prises récemment, avec la survenue de l’épidémie de peste. Il est vrai, les taxi-be doivent être  régulièrement aspergés de produits désinfectants, condition incluse dans le cahier des charges des taxi-be. Cependant, les usagers estiment qu’une opération de désinfection exceptionnelle et généralisée des taxi-be permettrait de limiter les risques de transmission de la maladie, tout comme elle rassurerait les usagers.

Soupçons ! Dans la mesure où chaque taxi-be est fréquenté par une centaine de personnes par jour, en moyenne, la possibilité de transmission de maladies comme la peste pulmonaire actuellement dans la ville d’Antananarivo, tourmente les usagers. « On ne  sait jamais. Il est difficile de savoir si une personne atteinte de la peste se trouve, ou se trouvait à bord. On a peur d’être contaminé, mais on est obligé de prendre les taxi-be parce qu’on n’a pas d’autres solutions. Les taxis sont trop chers », entend-on dans les taxi-be. D’autres se confient : « Je n’ose pas tousser en public et encore moins quand je suis à bord d’un taxi-be, de peur que les gens ne me soupçonnent d’être atteinte de la peste. J’ai tout aussi peur quand j’entends une personne tousser dans le taxi-be. On ne sait jamais ! », affirme cette passagère à bord d’un taxi-be reliant Mandroseza et Ilafy. Visiblement, la psychose est toujours présente.

 Techniquement infaisable. Les transporteurs, de leur côté, estiment que des opérations journalières de désinfection ne sont pas techniquement faisables dans la mesure où il faut laisser le temps au produit désinfectant d’agir et attendre que l’odeur de celui-ci s’atténue, avant de pouvoir accueillir des passagers. Ce qui nécessite au moins une journée qui équivaut à une journée de travail perdue, synonyme de manque à gagner. En outre, certains transporteurs estiment que le risque n’est pas totalement écarté même en désinfectant les véhicules plus souvent. « Le risque de contamination est beaucoup plus élevé entre passagers, lorsqu’il y a une personne malade dans le véhicule, comme c’était le cas pour la première victime de la peste qui a rejoint Toamasina en taxi-brousse, décédé le 28 août », soutient un propriétaire de taxi-be à qui la question a été posée. « Si opération de désinfection il devrait y avoir, le mieux que l’on puisse faire est de désinfecter plus souvent que d’habitude, exceptionnellement », ajoute-t-il. Pour l’instant, les taxi-be restent toujours aussi fréquentés dès l’aube jusqu’en début de soirée. Sans aucun autre moyen de locomotion, les passagers continuent à prendre le taxi-be. En espérant qu’il n’y aura pas de porteur de la peste à bord !

Hanitra R.

Telma Fibre Vibe

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