Andraharo : Les employées d’une zone franche en grève

Jacaranda
263 employées en colère étaient en grève hier à Andraharo, certaines étaient accompagnées de leurs enfants.

Hier, du côté d’Andraharo, 263 femmes faisaient résonner leurs vuvuzelaset leurs sifflets tout en brandissant des banderoles. Depuis le 11 décembre dernier, ces femmes qui sont toutes mères de famille -dont des célibataires et des veuves- sont en « congé », ou plutôt selon leurs dires, en « chômage technique » déguisé ; et n’ont pas touché leur salaire.

C’est donc pour protester contre ce simulacre de chômage technique que ces femmes ont manifesté hier. Selon le délégué du personnel, joint au téléphone, elles ont déjà suivi toutes les procédures juridiques requises et ce depuis le 11 décembre. Les négociations avec la direction ont déjà été entamées- notamment pour le côté financier- mais se sont avérées vaines. Les travailleuses réclamaient un filet de sécurité à hauteur de 200 000 Ariary pour ces deux mois de congé forcé, qu’elles assimilent à un chômage technique déguisé. Effectivement, cela les pénalise financièrement, elles et leurs familles. D’autant plus que nous sommes encore en pleine période de soudure. La direction a, elle, « proposé » la somme de 20 000 Ariary par mois, ce que les employées ont refusé. L’inspection du travail a déjà effectué les médiations d’usage, sans succès, ainsi l’affaire attend actuellement l’arbitrage du Tribunal du Travail.

Automatisation. La robotisation de la production serait la cause de ce congé forcé. La finition du tricotage notamment est effectuée par des robots depuis presque deux mois. Ce qui motive la décision de la direction. Des robots sont sûrement plus productifs que des êtres humains assimilés à des automates, mais les employées auraient dû être préparées en amont du  changement de cap ; qui impacte directement sur leur sécurité financière et leur vie quotidienne. Selon R.E, délégué du personnel, leur grève ne cessera que quand leurs revendications  seront satisfaites.

ENCADRE. Par ailleurs, toujours dans le registre des protestations, une autre manifestation a eu lieu à Manjakaray, près de l’Eglise catholique. Une cinquantaine de femmes ont tapé dans des assiettes avec des cuillères pour manifester contre la flambée des prix du riz. Leur colère, leur ras-le bol, mais aussi et surtout leur impuissance étaient palpables. Une inflation qui perdure alors que la production rizicole à la base (dans les greniers à riz de Madagascar comme l’Alaotra-Mangoro) est plutôt bonne. Peut-être que l’autosuffisance en riz annoncée dans… deux ans, changera la donne. Et en attendant ?

LuzRazafimbelo

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