Enseignants malgaches : Un fort attachement au métier malgré des conditions déplorables

Jacaranda

Enseigner dans la Grande Île relève soit de la vraie vocation, soit d’une solution de dernier recours.

 

Petit salaire, petit travail. Une expression qui résume le mieux l’univers des enseignants à Madagascar. Considéré comme le pilier du système éducatif, l’enseignant exerce dans des conditions des plus déplorables. En effet, la liste est longue et non exhaustive lorsque l’on veut faire le point, un diagnostic du métier. Outre une politisation à outrance, la profession enseignante fait face à de nombreux problèmes. Entre autres, la grande disparité de salaire malgré les mêmes efforts fournis et les mêmes missions. Une situation qui crée une certaine frustration entre enseignants eux-mêmes d’un côté, mais qui est également la source d’une démotivation pour ceux ou celles qui se sentent lésés de l’autre. Une démotivation à l’origine du taux d’absentéisme accru qui n’est toujours pas résolu jusqu’ici et dont l’existence a été reconnue. Les enseignants malgaches font également face à des problèmes qui leur sont indépendants. Le manque de planification dans leur recrutement constitue également un souci important qui nécessite la prise de responsabilité des acteurs étatiques. La validation de la politique enseignante à l’hôtel Colbert hier entend permettre de mettre en œuvre des avancées majeures dans la situation des enseignants malgaches.

Fortes ambitions. La politique enseignante validée et officialisée hier projette d’être un élément indispensable de la réforme du système éducatif. Jouant un rôle important dans cette réforme et comptant actuellement environ 100.000 personnes, les enseignants malgaches devraient être mieux répartis et mieux recrutés grâce à la mise en œuvre de la politique des enseignants. Intégrant les trois ministères en charge de l’éducation, la politique en question dispose de 18 axes stratégiques répartis sur 63 leviers. Pour le ministère de l’Éducation nationale par exemple, la politique adoptée entend renforcer les formations des enseignants. Une initiative qui tombe à point lorsque l’on sait que 54,8% des enseignants du primaire ont comme diplôme le BEPC, 16,9 % seulement ont le baccalauréat. La mise en œuvre de la politique enseignante voudrait également résoudre le problème inhérent au salaire. Dans son levier 14 axe 6, ladite politique affirme vouloir « assurer un versement de salaire et d’indemnité régulier ». Les indemnités et salaires étant les premières causes des revendications syndicales au sein du corps enseignant, le ministère de l’Éducation nationale doit tenir ses promesses.

 

José Belalahy

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