Nutrition – Projet Fafy : Réduire de 17% la malnutrition infantile

La communauté d’Andriambilany était attentive durant le lancement de Fafy mercredi dernier.

Le projet Fafy a été lancé officiellement le 9 mai dernier à Andriambilany, dans le Vakinankaratra. Il ambitionne en dix ans, de réduire de 17% (de 47% à 30%) le taux de malnutrition infantile à Madagascar et cible 75% des enfants malgaches de zéro à cinq ans.

Co-réalisé par la Banque mondiale, le « Power of Nutrition » ; le Ministère de la Santé publique (MinSan) et l’Office national de Nutrition (ONN) ; ainsi que leurs partenaires techniques et financiers ; le projet sera réalisé durant sa première phase dans huit régions : Vakinankaratra, Analamanga, Amoron’i Mania, Vatovavy Fitovinany, Alaotra Mangoro, Haute-Matsiatra, Anosy et Androy. Le Vakinankaratra a été sélectionné pour le lancement, car il s’agit de la région où le taux de malnutrition infantile est le plus élevé à Madagascar. Un réel paradoxe en somme, étant donné que le Vakinankaratra est la région la plus fertile et productive, en termes de culture maraîchère et de la filière lait.

Habitudes alimentaires. Selon une mère de famille, agent communautaire bénévole pour le projet : « Cette malnutrition infantile élevée provient du fait que les parents ne connaissent pas la diversification alimentaire qui consiste à offrir à leurs enfants, tous les bienfaits des légumes, des fruits, de la viande et du poisson, etc. Les habitudes alimentaires de la région (et des ruraux en général) se limitent au riz et aux autres céréales (« haninkotrana » en langage vernaculaire), au détriment des légumes, des fruits, et de la santé. De plus, le retard de croissance puise également son origine dans le manque de suivi sanitaire de la maman, durant la grossesse. Nous savons actuellement que, la malnutrition infantile se combat dès la conception de l’enfant jusqu’à ses cinq ans, et nous allons sensibiliser les parents en ce sens. »

Capital humain. Dans une interview, Coralie Gevers, Country manager de la Banque mondiale, a souligné que 200 000 millions de dollars seront investis dans ce projet Fafy (Fanjarian-tsakafo sy Fahasalamana Ifotony) ou, Programme d’Amélioration des Résultats Nutritionnels (PARN). Pourquoi la nutrition ? « Parce que si Madagascar veut se développer, il n’a pas d’autres choix que d’investir dans son capital humain. Celui-ci ne peut être épanoui et productif que par le biais d’une santé nutritionnelle et affective, effective dès les premiers jours de la conception jusqu’aux cinq ans de l’enfant. Un adulte ne peut être épanoui et économiquement autonome, s’il n’a pas été en bonne santé, bien entouré et éduqué durant son enfance. C’est la raison pour laquelle, nous avons choisi avec le gouvernement, de semer les bonnes graines (la santé, l’éducation de la mère et de l’enfant) pour édifier une nation forte et productive. » a-t-elle répondu

Activités spécifiques. Notons que FAFY cible 2 700 000 bénéficiaires pendant dix ans. Après les 8 régions mentionnées, sept autres (à déterminer progressivement) suivront. Voici, d’une manière générale, les activités spécifiques à mener dans ces 15 régions durant ces dix ans : suivi sanitaire de la mère et de l’enfant et accouchement sécurisé, promotion de la croissance des  zéro à cinq ans ; éducation nutritionnelle, sécurisation alimentaire et démonstration culinaire ; et enfin sensibilisation de masse et des leaders, pour un effet tâche d’huile.

Luz Razafimbelo

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