Séismes : Vers qui se tourner en cas de catastrophe?

Pour l’heure, aucun dégât majeur n’a été recensé mais les risques sont présents.

Des séismes ont été observés dans plusieurs zones de la Grande Ile. Pour l’heure, le seul institut d’observation et de recherche en la matière est hors service pour faute de facture d’électricité impayée.

À Madagascar, l’on est loin de la résilience si jamais un tremblement de terre dévastateur se produisait. Les fréquents et récurrents cas ressentis ces deux dernières semaines, font d’ailleurs poser des questions sur ce qui se passe réellement. Et comme les problèmes ne viennent jamais seuls, le seul institut malgache d’observation et de recherche de géophysique qui devrait permettre d’obtenir des informations officielles sur les séismes est hors service (HS) depuis presque une année. La cause avancée par les responsables est toujours la même:«l’institut n’a pas pu s’acquitter de ses factures d’électricité, l’institut ne peut pas donc ni faire des observations ni faire des recherches». Ce qui fait que l’on est dans l’expectative alors qu’à Mayotte – où les cas de séismes ont été fréquents ces derniers temps et que les observations se font à la minute, à l’heure et au jour le jour – on prend déjà des mesures pour faire face à une éventuelle catastrophe. Il convient de noter que la cause avancée par certains chercheurs «étrangers» pour expliquer les fréquents séismes observés dans des pays africains comme le Kenya ou encore les îles de l’Océan Indien comme Mayotte correspondrait «à la fissuration de la plaque africaine». Étant donné que nous ne disposons pas d’informations officielles, l’on ne peut pas encore confirmer ou infirmer que les cas observés à Madagascar ont quelque chose à voir avec la «fissuration de la plaque africaine». En tout cas, la fréquence du phénomène n’augure rien de bon …surtout que le BNGRC dans son communiqué du vendredi 25 mai 2018 dernier a affirmé que l’on craint «d’éventuels cas d’amplitudes de plus en plus importantes».

Néant. Contrairement aux cyclones et/ou aux inondations, le séisme ne semble pas figurer dans la priorité des responsables étatiques. En effet, même si Madagascar ne fait pas partie des pays où l’on recense de fréquents cas de séismes, les risques existent quant à la survenance d’une catastrophe. La Grande Ile ne dispose que d’un seul institut de recherche et d’observation en matière de géophysique (IOGA ou Institut et Observatoire de Géophysique d’Antananarivo). Outre l’unicité de l’institut, le pays n’a inscrit ni dans son programme scolaire ni dans ses priorités, la résilience de la population en cas de survenance de séisme. Cela est peut-être dû au simple fait que le pays n’a pas encore été frappé par des séismes dévastateurs et meurtriers comme l’a été la ville de Californie (États-Unis) dans les années 1980. Phénomène qui a d’ailleurs poussé aussi bien les responsables étatiques que ceux des organisations de la société civile, à opter pour la mise en œuvre d’un programme permettant à la population de faire face au danger pouvant survenir en cas de séisme. Pour en revenir au cas de la Grande Ile, il y a bien des mesures – le BNGRC ou Bureau National de Gestion des Risques et Catastrophes, a d’ailleurs invité les responsables de quelques districts malgaches à initier la population aux mesures relatives au séisme – mais elles sont inconnues du public…sauf pour les volontaires ou encore les personnes initiées peut-être. Les restes devront donc attendre cette poignée de personnes initiées pour les aider lorsque les catastrophes apparaîtront.

José Belalahy

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