Recensement général de la population : Réticence manifeste des cibles



Jacaranda
Une partie du personnel de l’Instat lors de l’enregistrement des données recueillies sur le terrain.

Les enquêtes concernant le RGP 3 ou Recensement général de la population continuent tant bien que mal. Les personnes cibles sont réticentes quant aux objectifs et à la manière dont les enquêtes sont menées.

Le recensement rencontre des obstacles majeurs liés à la réticence ou à l’appréhension de la population cible. En cause, une campagne de communication qui n’a pas su transmettre les messages clés d’un côté. Mais aussi qui n’a pas pu transmettre à la population cible les enjeux d’une telle initiative de l’autre. Certes, des données sont enregistrées par jour, mais plus d’un fait remarquer que le message n’a pas été adopté par les cibles et ne passe toujours pas. Un constat qu’une partie du personnel de l’Institut national de la Statistique (Instat) partage. En effet, la population cible est réticente à l’idée de fournir des réponses au questionnaire. Ce dernier englobe, en effet, de simples informations sur l’état-civil d’un ou des individus composant un foyer au nombre d’appareils ménagers que ce dernier emploie, ou encore le nombre de personnes qui travaillent au niveau du foyer. Des questions qui sont perçues comme « trop personnelles» pour de nombreux citoyens. « Je n’ai pas fait entrer l’agent de recensement chez moi. Je l’ai reçu à l’entrée du portail et j’ai refusé de répondre correctement aux questions que j’ai jugé personnelles » a fait savoir Sahondra, habitante du quartier d’Ampefiloha. Cette dernière d’ajouter que « la question d’insécurité grandissante » constitue également l’une des raisons qui l’a poussée à adopter cette position. Ce qui est complètement légitime et compréhensible étant donné la situation d’insécurité actuelle.

Confidentielles. Il convient de noter que le dernier recensement de la population remonte à il y a vingt-cinq ans. Outils de décision et d’aides à la décision, les données recueillies lors du recensement sont plus que précieuses au niveau national. Pour le cas de la Grande Île, l’idée ne consiste pas seulement à connaître le nombre de la population. Le recensement concerne d’autres domaines et niveaux de la vie de la population. « Par le recensement actuel, on entend connaître le niveau de vie des foyers » a fait savoir un agent de l’Instat interviewé hier. Ce dernier de noter que devant se faire tous les dix ans selon les normes internationales, le recensement devrait également permettre – pour le cas de Madagascar – de recueillir différentes données macro économiques concernant les Malgaches. « Des données qui sont régies par la loi et dont l’utilisation répond au secret statistique » selon toujours notre source.

Continuité. Par ailleurs, interrogé sur des déclarations faites par une partie du personnel de l’institut concernant la conjoncture actuelle, Rivoson Randrianasolo, délégué du personnel de l’Instat de faire savoir que « le personnel fait en sorte de continuer les activités en dépit d’éventuel changement des responsables. Nous sommes des techniciens et nous agissons en tant que tel peu importe qui sera nommé en tant que responsable » a renchéri le délégué du personnel. Il convient de noter que le recensement s’effectue à deux niveaux : le recensement des foyers et celui des personnes. Les données recueillies suite au recensement sont importantes dans la mesure où elles devraient permettre aux décideurs d’axer leurs actions et interventions sur les questions qui relèvent de la priorité nationale. Dommage que de tels enjeux n’ont pas pu être transmis à la population cible.

José Belalahy

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