Drapeau malgache : Début de vente timide



Jacaranda
Les marchands de drapeau peinent à rentabiliser leur business saisonnier.

Depuis le début de cette semaine, les marchands de drapeau commencent à arpenter les rues et les marchés de la capitale. Un début de marché timide, car le chiffre d’affaires n’est pas à la hauteur.

Ils arrivent à peine à écouler 7 drapeaux par jour, avec en moyenne 5000 Ariary (avec marchandage) l’unité. L’année dernière à la même période, le marché affichait un léger mieux. Les marchands arrivaient à écouler environ une dizaine de drapeaux par jour. « La fourchette de prix de mes drapeaux varie de 4000 Ariary à 6000 Ariary l’unité, une légère baisse par rapport à 2017. Mais encore, mes étendards ne trouvent pas preneurs. Mon fils et moi sommes là de 8h du matin jusqu’à 17h, je n’arrive à vendre que 7 à 8 drapeaux tout au plus. Espérons qu’à la veille de la fête nationale, cela va s’améliorer, car les Malgaches ont l’habitude de faire les choses au dernier moment. », dit une mère de famille, marchande occasionnelle de drapeau, avec son enfant sur le dos, presque en se lamentant. Toujours est-il que cela reflète le manque d’engouement de la population pour le décorum propre à la fête nationale. Les habitations arborant le drapeau national se comptent encore sur les doigts de la main dans les quartiers de la capitale, alors que cet étendard figure parmi les emblèmes de la fierté nationale, idéalement.

Précarité et « Résistance civile ». D’une part, le manque d’enthousiasme de la population pour les drapeaux s’explique par la précarité de la vie. Entre ¼ de kilo de viande à 4000 Ariary et un kilo de viande au même prix, le choix est vite fait pour les mères de famille modeste. D’autant plus que la viande pour certaines familles malgaches fait partie des denrées rares, consommées moins d’une fois par semaine. D’autre part, si les Malgaches boudent le drapeau, la piste d’une « résistance civile non-violente » peut également être considérée. Le drapeau est un symbole de fierté et d’identité nationale, ne pas l’arborer peut signifier que cette fierté nationale a pris un coup. Le contexte socio-économique, la politique politicienne qui prévaut dans le pays, ne sont plus en accord avec la représentation et les valeurs (positives) que nous avions intériorisées ou attribuées à notre pays. Et ceux qui font fi du drapeau cherchent à le manifester d’une manière ou d’une autre, sans passer par les grèves et autres modes opératoires, facteurs de violence sociale. Toutefois, il n’est pas sûr que ce genre de résistance, de détachement, voire de déresponsabilisation, puisse apporter une contribution positive à l’évolution de la situation socio-économique de Madagascar.

Luz Razafimbelo

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