Embouteillages monstres : La capitale asphyxiée



Jacaranda
A Analakely, les vendeurs de lampions, accessoires emblématiques de la fête nationale ont colonisé les rues.

A l’approche de la fête nationale, Antananarivo croule sous les embouteillages. Les bouchons, la pollution et les étalages sont partout. Et le stress aussi évidemment.

Depuis le week-end dernier, embouteillages monstres, piétons et marchés ambulants et informels font « bon ménage » dans les quartiers populaires d’Antananarivo. Pour ne parler que de l’axe Analakely- Soarano dont la traversée nécessite plus de deux heures et c’est peu dire. La route principale qui longe les Pavillons d’Analakely est devenue carrément impraticable, les marchands de lampions, vendeurs de drapeaux, marchands de friperie et d’autres jouets pour enfants ont colonisé la rue en s’installant au beau milieu de la rue. Plus aucune voiture n’ose s’y aventurer, par peur d’y être coincée plus de deux heures ! On ne dit pas mieux pour le quartier chinois aux alentours du lac de Behoririka où marchands informels et pseudo-formels d’effets vestimentaires, piétons, voitures des particuliers, taxis et « taxis-be » s’entassent.

Stress. Ajoutons à cela l’incivisme des uns et l’impatience des autres et le stress des automobilistes, l’état de délabrement avancé des routes avec des nids de poule (mal) rafistolés ici et là. Une organisation sapée, un stress gonflé à bloc, bref pour les Tananariviens c’est la qualité de vie qui s’altère. Miora R. (nom d’emprunt) obligée de traverser quotidiennement cet axe pour son travail préfère opter pour la marche. « Au lieu de passer deux heures en bus et un peu en moins en taxi pour rallier Andohan’Analakely à Soarano, ou encore Antanimena, je préfère marcher. Ce qui ne me réjouit guère, car traverser cet axe à pied est tout aussi stressant, avec le bruit, la pollution et les voleurs à la tire. » rajoute-t-elle.

Soarano hier

Partout. Mais les embouteillages ne sévissent pas uniquement à ces endroits-là. Les quartiers comme Andravoahangy-où certaines rues sont devenues à sens unique-, 67ha et Mahamasina durant les jours de marché, sans parler d’Itaosy et d’Anosizato où les embouteillages font leur loi tous les jours. Et les policiers de la circulation qui sont déployés par- ci par-là ne semblent pas pouvoir grand-chose. De simples observateurs estiment que cela résulte de plusieurs facteurs, dont notamment l’état lamentable des routes et l’explosion du marché informel. Les marchands quant à eux avancent qu’ils « n’ont pas le choix ». « Nous  cherchons aujourd’hui ce que nous mangerons demain. Nous préférons faire cela, vendre dans l’informel, plutôt que de voler. » se plaint une mère de famille, vendeuse de bracelets fluorescents à Soarano. La Commune urbaine d’Antananarivo a déjà proposé des solutions comme le déplacement de ces marchands et leur professionnalisation, mais ces alternatives, peut-être pas tout à fait bien organisées, n’ont pas trouvé preneurs.

Luz Razafimbelo

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