Véhicules électriques dans la COI : Le « oui, mais » des sociétés d’électricité



Jacaranda
Une voiture 100% électrique de ce type affiche une autonomie de 400 km.

La promotion des véhicules électriques dans les pays membres de la Commission de l’Océan Indien (COI) devra se faire sur la base, entre autres, d’une non-dépendance aux énergies fossiles.

« Un signal fort en faveur de l’électricité mais à condition que l’énergie soit issue d’une ressource non thermique ». Les sociétés d’électricité des Etats membres de la Commission de l’Océan Indien (COI) ont clarifié leur position par rapport au déploiement des véhicules électriques dans la région, par le biais d’un « position paper » présenté lors du premier Forum régional des énergies durables qui s’est tenu le mois dernier à Maurice.  Réunies au sein du Club des électriciens établi dans le cadre du programme ENERGIES, mis en œuvre par la COI et financé par l’Union européenne, les compagnies d’électricité « voient dans la promotion de la voiture électrique, un affichage fort en faveur de l’électricité : énergie propre, souple et performante ». Elles soulignent toutefois que « le véhicule 100% électrique n’a de sens que s’il peut trouver son énergie électrique à partir d’une ressource primaire qui ne soit pas thermique ». Selon toujours ces compagnies d’électricité, la prise de décision autour du déploiement des véhicules électriques doit s’appuyer sur un bilan environnemental et économique complet, notamment en ce qui concerne entre autres, le recyclage des batteries, la production électrique utilisée lors de la recharge et les contraintes pour le réseau public de distribution.

Mise en garde. Denis Levy, chef du programme ENERGIES, souligne pour sa part que, l’introduction de véhicules électriques dans la région aura des implications pour les systèmes électriques insulaires des pays membres de la COI : « Il y a actuellement dans nos Etats membres, un certain nombre d’acteurs économiques qui poussent au développement des véhicules électriques. La majorité de la production électrique est tributaire des énergies fossiles, ce qui pose un problème. S’il n’est pas conditionné par la recharge en énergie verte, le développement des véhicules électriques va entrainer une augmentation de la consommation d’énergies fossiles et des rejets de CO2 ». Et d’ajouter qu’en prenant position sur la question, les sociétés d’électricité souhaitent mettre en garde « les décideurs politiques et acteurs économiques contre les dangers d’un développement non-harmonieux et non-réfléchi des véhicules électriques ». Rappelons que le Club des électriciens, qui regroupe notamment la MA-MWE (Comores), EDF Réunion (France/Réunion), la JIRAMA (Madagascar), le CEB (Maurice) et la PUC (Seychelles), se réunira pour la troisième fois aux Seychelles le 31 juillet 2018, si l’Association des régulateurs d’énergie de la région, créée lors du Forum régional des énergies durables, se rencontrera pour la première fois la veille.

Recueillis par Hanitra R.

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