Micro-financement communautaire : Un moyen de sécurisation financière pour le Sud



Jacaranda
Sylviane, jeune mère de famille, effectuant sa contribution lors du VSLA

La culture d’épargne peut être un facteur de sécurisation financière pour  le grand sud. Découvrez le « Village Saving and Loans Association » (VSLA)-un système d’épargne communautaire (pour simplifier)- désormais pratiqué dans 11 communes du grand Sud.

Les résultats encourageants de ce VSLA, dont on va parler dans cet article, ont été constatés de visu la semaine dernière, lors d’un voyage de presse dans l’Androy et dans l’Anosy. Le VSLA est en effet pratiqué dans 11 communes du Sud, répartis entre Fort-Dauphin, Amboasary Atsimo et Ambovombe. Pour l’ONG Care international, initiatrice du projet, la sensibilisation de la population du grand Sud à mettre en place le VSLA n’a pas été facile. Un long processus en fait, mais au final, les communautés ont adhéré au concept. La raison en est simple, elles ont découvert les nombreux avantages qui en découlent et les changements positifs qui se sont produits dans leur vie depuis.

Objectifs. Le VSLA vise à aider les membres des communautés à économiser tout en se créant un filet de sécurité monétaire pour une stabilité financière à long terme. Un dispositif qui leur permet, entre autres, de sortir du système d’assistanat et ne plus (trop) dépendre des bailleurs et des projets, après la clôture de ceux-ci. Le VSLA veut promouvoir la stabilité financière des populations vulnérables par une culture d’épargne communautaire collée au contexte local. Aux débuts du projet, des appuis logistiques et techniques ont été fournis aux populations concernées pour les aider à démarrer le VSLA. Le cycle de vie d’un VSLA varie de 9 à 12 mois, mais il peut être indéfiniment renouvelé. C’est d’ailleurs souhaitable pour le bien-être des communautés. Andry Nasolonanahary, coordinateur technique du projet, sous-bureau d’Amboasary Atsimo de rajouter : « La pratique du VSLA a permis de renforcer la confiance mutuelle entre les membres des communautés, chez les Antandroy notamment, chez qui le sentiment de méfiance est assez présent, surtout quand il s’agit d’argent. Depuis, ceux qui ont essayé le ‘VSLA’ l’ont définitivement adopté et ce,à long terme . »

La maison du leader du groupe avant et après le VSLA

Comment ça se passe ? Un groupe VSLA est composé de 20 à 25 membres animés par une confiance réciproque. Ils choisissent un jour de la semaine pour se réunir, à heure fixe, avec une sanction financière de 200 Ar pour les retardataires. Au début de chaque séance, le secrétaire effectue un rappel de la précédente réunion, le trésorier assisté par d’autres membres du bureau ouvre le coffre et effectue le bilan financier et la vérification des sommes réunies.  Deux contributions par personne sont requises chaque semaine : une cotisation fixe (à déterminer par chaque groupe de 200 à 1 000 Ar) pour les causes sociales (santé, éducation des enfants, adduction d’eau, etc.) et une autre pour le « lohan’omby » (tête de zébu)  (de 1 000 à 5 000 Ar) en fonction du bétail qu’il a réussi à vendre (l’élevage bovin, ovin, ou/et caprin constitue leur principale source de revenu). Le règlement et la gestion sont définis de manière consensuelle par les membres du comité. Dans un hameau de Betsimeda (Ambovombe) par exemple, une réunion de VSLA peut réunir jusqu’à 130 000 Ar par semaine. Chaque membre peut emprunter jusqu’au triple de sa contribution cumulative dès le deuxième mois suivant la constitution du groupe. Avec son système de « micro-financement », le VSLA permet au groupe d’améliorer leur production agricole et leur hygiène de vie.

Luz Razafimbelo

Share This Post

Post Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.