Ecarts de revenus : Impacts décisifs sur la fréquence de l’allaitement maternel



Jacaranda
(Crédit photo UNICEF/Krees Raharison) Pour préserver la santé de la mère et de l’enfant, l’allaitement maternel prolongé doit impérativement être assorti de mesures d’accompagnement.

Dans les pays en voie de développement le taux d’allaitement (1 enfant non allaité sur 25) est nettement supérieur comparé à celui des accompagnement.pagné de mesures d’ impérativement ent interdépendants.

); se tous les nutriments nécessaires dans les ans leur vpays développés (1 enfant sur 5 non allaité).

Les écarts de revenus et le niveau de développement socio-économique sont ainsi des facteurs déterminants d’allaitement maternel. C’est ce qui a été rapporté dans un communiqué de presse de l’UNICEF, à l’aube de la célébration nationale de la semaine de l’allaitement, qui sera lancée à Ambositra le 17 août prochain. Autres données chiffrées sur le sujet, 21% des nourrissons dans les pays en voie de développement n’ont pas bénéficié de l’allaitement maternel, contre seulement 4% dans les pays émergents, ou en voie de développement. L’impact du niveau de vie sur l’allaitement maternel s’explique, entre autres, par le fait que les mères économiquement actives sont plus nombreuses dans les pays développés, donc  leurs chances de pratiquer l’allaitement exclusif promu par l’UNICEF jusqu’à l’âge de six mois du bébé sont amoindries. Toutefois, à part les facteurs économiques et les raisons de santé, les facteurs psychosociaux sont aussi à considérer. Dans les pays développés, les femmes jouissent d’une meilleure liberté de pensée et d’action. Or l’allaitement, comme le fait d’enfanter est avant tout un choix personnel et sachant qu’un allaitement maternel, forcé et non (personnellement) assumé par la mère, impacte négativement sur la santé et le psyché de l’enfant, comme de la mère. Les femmes dans les pays développés choisissent librement d’allaiter ou non leur enfant, sans s’attarder sur les pressions sociales.

Mesures d’accompagnement. Contexte socio-économique radicalement différent à Madagascar -parmi les 10 pays les plus pauvres du monde- où 99% des enfants sont allaités au moins une fois dans leur vie. Un  taux très élevé qui s’explique d’une part, par des raisons économiques : les laits  pour bébés substituts du lait maternel ne sont pas à la portée de toutes les bourses. D’autre part, l’allaitement maternel (exclusif jusqu’à six mois) et jusqu’à l’âge de  deux ans de l’enfant est considéré dans la représentation collective comme  un cadeau, ou « un devoir » de la mère et un dû pour l’enfant. La célébration de la semaine nationale de l’allaitement gagne ainsi à promouvoir les mesures d’accompagnement (les efforts entrepris en ce sens-et il y en a-sont ainsi encouragés) ; car nous savons tous que dans la pratique, l’allaitement exclusif et à la demande- est loin d’être facile. Certes, il représente un geste d’amour pour le nourrisson (et le petit enfant s’il est allaité jusqu’à ses 24 mois), surtout pour sa santé et son développement psychomoteur : des études scientifiques ont révélé que le lait maternel booste l’immunité et améliore le quotient intellectuel, favorise le « bonding » ou l’attachement entre l’enfant et la mère. Toutefois, allaiter à la demande nécessite beaucoup d’abnégation et des dispositions physiques et mentales favorables chez la mère, surtout quand il dure au moins deux ans ! Or à Madagascar, peu de femmes allaitantes réunissent ces trois conditions, surtout en ce qui concerne l’alimentation. Quand une femme est victime de malnutrition, le nourrisson qui tète puise tous les nutriments nécessaires dans la réserve de la mère. Ainsi, quand celle-ci ne bénéficie pas d’une alimentation équilibrée tout en s’efforçant d’allaiter son enfant, elle s’expose à la carence en nutriments essentiels et sa santé en prend un coup et cela impactera inéluctablement sur l’éducation de son enfant. Autrement dit, promouvoir l’allaitement maternel est louable, mais veiller à un meilleur accompagnement et soutien de la mère allaitante est aussi indispensable, car l’épanouissement de la mère et celui de son enfant sont interdépendants.

Luz Razafimbelo

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