Traditions funéraires : Il est temps de dépasser les tabous  



Jacaranda
L’agence « Tsaralevenana » propose divers services aux familles malgaches.

Innover dans le domaine des us et normes sociales est difficile et parfois suicidaire.

Moderniser. Si de nombreux Malgaches attachent encore beaucoup d’importance à certains us et normes sociales, d’autres pensent qu’il faut passer outre des pratiques qui empêchent le développement. Il faudrait également moderniser certaines pratiques inhérentes à l’évolution.

C’est dans un pari risqué que l’agence Tsaralevenana s’est lancée dans le business de «la mort». Un concept qui entend «délier les familles qui ont perdu des êtres chers de certaines lourdeurs d’ordre organisationnel et logistique durant la période de deuil». Comme l’a fait savoir Mihanta, fondatrice et gérante de ladite agence «l’initiative est partie d’un constat selon lequel outre la charge sentimentale de la perte d’un membre de la famille, il y a également les difficultés rencontrées dans l’organisation des cérémonies mortuaires». Dont notamment, la préparation des dossiers administratifs qui peuvent prendre beaucoup de temps étant donné la lenteur de l’administration publique malgache. Un défi que les responsables de l’agence ont également décidé de relever consiste à «se défaire du tabou selon lequel il faut absolument organiser la veillée funèbre dans la maison familiale». Mihanta, la gérante d’expliquer : « Diverses raisons nous ont poussé à tenter le coup: il y a par exemple, le facteur lié à la sécurité sachant que la maison familiale va devoir recevoir de nombreuses personnes durant quelques jours. Il faut également considérer la sécurité des visiteurs».

Business. Nos sociétés étant en continuelle évolution, des services se créent pour essayer de satisfaire les nouveaux besoins de consommation des gens. Hormis le fait que le développement des services offerts par les agences funèbres rendent beaucoup de services  aux familles. Il convient de noter qu’il s’agit également d’un domaine très lucratif dont les demandes ne cessent de croître. Lucratif, parce qu’une famille entière dépense environ trois millions d’ariary lors des jours de deuil. Multipliée par le nombre de décès qui survient chaque jour, la somme peut atteindre une certaine proportion pour une agence donnée. D’autant plus que certaines familles ont plus d’exigence que d’autres. Ce qui fait que la facture est proportionnelle aux services demandés. Pour l’heure, l’environnement des affaires est encore loin d’être saturé dans ce domaine. C’est dans cette optique que l’Agence « Tsaralevenana » projette de mettre en place un crématorium dans les années à venir. Histoire de procurer des services utiles tout en se faisant de l’argent.

José Belalahy

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