Amélioration des conditions de travail des journalistes : La convention collective et le syndicat comme solution



Jacaranda
La clôture de l’atelier mercredi dernier.

Mercredi dernier, une quarantaine de journalistes s’est réunie avec la magistrate Nelly Rakotobe et Mme Hamintsoa Ramiaramanana, Présidente du Tribunal du Travail ; et M. Barson Rakotomanga, du « Randrambao Syndikaly » pour échanger autour pour  l’amélioration de leurs conditions de travail. Le syndicalisme et la convention collective ont été retenus comme les seules solutions.

L’initiative est de la Fondation Friedrich Ebert Stiftung (FES) qui appuie depuis toujours les médias et les journalistes, pour qu’ils puissent jouer pleinement, enfin, leur rôle de quatrième pouvoir. L’atelier s’est tenu à l’hôtel Le Pavé, Antaninarenina. Nelly Rakotobe, Premier président honoraire de la Cour Suprême et auteure de l’ouvrage « Les relations individuelles de Travail » (3e édition), paru l’an dernier, a ainsi élaboré un draft de « Convention collective » pour les journalistes malgaches, sur laquelle se sont basées les échanges d’hier. Notons que qui dit convention collective, dit entente entre les patrons de presse et les journalistes, qui devront impérativement se mettre d’accord, les participants ont été unanimes sur le fait qu’au long terme, cette convention collective sera mutuellement bénéfique. Le chemin est encore long, certes, mais le processus est tout de même enclenché, du moins du côté des journalistes. « Je suis maintenant convaincue qu’il faut que les journalistes s’unissent pour lutter ensemble contre l’amélioration de leurs conditions de travail. La convention collective, le syndicat sont effectivement les moyens les plus efficaces et légaux de surcroît d’y parvenir. Toutefois, la mobilisation est également problématique, car l’individualisme, couplé à « une baisse de niveau » gagnent du terrain dans la profession. » a rajouté un confrère hier.

Conditions de travail. La précarité des conditions dans lesquelles la plupart des journalistes travaillent, influent immanquablement sur la qualité de leur rendu. Marcus Schneider, Représentant résident de la FES l’a bien souligné dans son discours hier : « Même si ce n’est certainement pas le cas pour tous – il y a des différences énormes d’une maison de presse à une autre, d’un journaliste à un autre – nous pouvons dire que la tendance est inquiétante : les mauvaises conditions de travail sont telles qu’ils risquent de vous empêcher à exercer votre profession dans le professionnalisme et la sérénité requise pour bien servir la démocratie et au bout du compte votre peuple. » Effectivement, nul besoin de préciser qu’avec l’inflation exponentielle qui sévit actuellement, des journalistes malgaches touchent à peine 300 000 Ariary par mois, quand d’autres touchent à peine le salaire minimum d’embauche et d’autres exercent sans contrat. Cependant, il ne faut pas non plus oublier qu’une minorité vit très bien de son métier, quelque part, force est de constater que la question de qualifications doit aussi être repensée.

« Felaka ». Par ailleurs, dans son discours empreint d’empathie et faisant preuve d’une très bonne connaissance et compréhension du terrain, Marcus Schneider, a relevé sans tabou, la question « épineuse » du « felaka » : « Comme disait l’auteur allemand Bertold Brecht « d’abord viendra la bouffe, et ensuite la morale. » Non. Le problème ce n’est pas les felaka. Amoral n’est pas le journaliste qui prend le felaka, amoral est le système qui le force à prendre le felaka pour s’assurer pour lui et sa famille une vie décente. Parce que, au bout du compte si vous êtes confronté à un choix refuser l’argent ou éviter de voir vos gosses se coucher la nuit le ventre vide – ce choix en soi est pleinement amoral. La question morale est plus compliquée et ne se résume pas en l’affirmation : la corruption est toujours à refuser ! »

Luz Razafimbelo

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